Entre intuition et docimologie

Se penchera-t-on jamais assez sur l’évaluation, ce «cœur du métier» enseignant? Sur les questions d’éthique qu’elle pose? Sur ces «meilleures pratiques» toujours en voie d’acquisition?

 

Après un premier dossier en juin, qui relevait déjà nombre d’enjeux actuels dans l’exercice de l’évaluation, ce second éclairage vient enrichir la palette des pistes à parcourir pour améliorer un système chiffré lorsqu’il décourage trop d’élèves. Avec un maitre-mot: la bienveillance. On y propose par exemple le «feedback évaluatif descriptif» – commentaires formatifs spécifiques à chaque étudiant·e – à intégrer dans le cours même pour renforcer le lien élève-enseignant·e (p. 5). Ou la «Discipline with Dignity» (p. 6), approche née de la constatation que «les élèves ayant des problèmes de comportement chroniques se considèrent comme des perdant·es» – et n’essayent plus pour ne plus échouer.

En arts visuels (AV), autre exemple, «le processus d’évaluation devient vertigineux s’il doit se penser à l’aune de l’expertise qu’ont les enseignant·es tant en compétences artistiques qu’en connaissances esthétiques » (p. 9). Et si on réactualisait le rôle des AV à l’école, suggère-t-on, en plaçant leur enseignement à partir de pratiques sociales de référence, comme la production intensive d’images numériques?

Autre expérience, celle d’une évaluation formative et certificative, continue et entre pair·es, qui a permis notamment de sensibiliser les étudiant·es enseignant·es aux choix des mots – à leur impact lorsqu’ils sont négatifs. Toutes et tous disent être sorti·es grandi·es de la démarche, mieux comprendre ce que signifie évaluer et ce que cela implique.

Il s’agit aussi, dit-on ensuite, de comprendre «la constante macabre» – phénomène qui pousse à mettre un certain pourcentage de mauvaises notes, même dans une classe de bon niveau – pour en sortir et s’essayer, par exemple encore, au système d’évaluation par contrat de confiance (p. 14). Ou d’utiliser – autre approche qui n’exclut pas les autres – un dossier de progression de l’élève (p. 17), qui permet de dépasser «l’évaluation au temps•T et sur un contenu C». Et si le jugement professionnel de l’enseignant·e, entre intuition et docimologie, retrouvait sa pleine place? Pour oser une petite part de subjectivité dans la soi-disant objectivité des notes... (p. 18).

Bonne lecture. 

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