Le bonheur est dans la classe?

Le mois dernier, le billet vaudois précisait que face au projet global de formation, c’est bien d’une révolution dont l’école a besoin, axée sur le développement de la créativité humaine et la confiance en soi de l’élève. Le bien-être des élèves est primordial pour entreprendre cette révolution.

En juin 2017, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a publié son traditionnel numéro PISA à la loupe intitulé: «Les élèves sont-ils heureux?» Cet article expose notamment des éléments relatifs à la réussite scolaire, à la satisfaction à l’égard de la vie, à la vie sociale des élèves à l’école ou aux activités des élèves en dehors de l’école.

On peut y lire certains constats qui mériteraient d’être intégrés dans une réflexion globale relative au développement du bien-être de l’élève. Par exemple:

– Environ 64% de filles et 47% des garçons disent se sentir très angoissés même s’ils sont bien préparés pour un contrôle. Il existe une relation négative entre l’anxiété liée au travail scolaire et la performance des élèves à l’école, ainsi que leur satisfaction à l’égard de la vie.

– Les élèves faisant l’objet d’actes de harcèlement fréquents sont plus susceptibles d’indiquer que leurs parents ne les aident pas lorsqu’ils rencontrent des difficultés à l’école que les élèves ne subissant pas fréquemment ce type d’agressions.

– Les élèves passant plus de six heures sur internet en dehors de l’école par jour en semaine ordinaire sont plus susceptibles que ceux y consacrant moins de temps de déclarer être peu satisfaits de leur vie ou se sentir seuls à l’école; ils sont par ailleurs moins performants dans les différentes matières évaluées par l’enquête PISA.

La revue de l’OCDE mentionne également que l’école peut renforcer la motivation des élèves à réussir et leur confiance en eux. Elle précise que «l’école n’est pas qu’un lieu d’acquisition des savoirs scolaires; c’est aussi un environnement social où les enfants ont la possibilité de développer les compétences socioaffectives nécessaires à leur épanouissement. Toutefois, malgré l’intérêt général porté au bien-être des élèves, aucun consensus ne semble se dégager sur les changements à apporter aux politiques ou aux programmes afin d’améliorer la qualité de vie des adolescents à l’école».

Pour la SPV, l’école peut et doit renforcer la motivation des élèves à réussir et leur confiance en eux. Afin de développer celle-ci, il serait intéressant de mettre en évidence les éléments qui facilitent ce renforcement. Car comme l’indique l’OCDE, l’école n’a pas qu’une seule mission. Elle doit dépasser son rôle de transmission ou de lieu d’acquisition de savoirs scolaires. Elle doit mettre en place des conditions-cadres pour que l’élève puisse également développer des compétences socioaffectives. Toutefois, force est de constater que ce rôle n’est pas de la seule compétence de l’école. Les parents et les entreprises de formation ont également un rôle important à jouer. Ainsi, afin d’amorcer cette révolution du bien-être de l’élève, la prise en compte de certains constats pourrait être déterminante. Notamment, la question de l’anxiété chez les élèves, des actes de harcèlement et de l’utilisation d’internet en dehors de l’école.  

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