L’enseignant prend sur lui…

Lors de l’Assemblée des délégué-e-s de la Société pédagogique vaudoise, il est de tradition que le président de la SPV fasse un discours de position. En voici un extrait de l’AD 2017.

 

Pour plusieurs acteurs du monde scolaire, mais spécialement pour vous, cette année a une nouvelle fois été rythmée par des tâches complexes. De plus en plus en complexes. Depuis que je côtoie les enseignants, j’ai appris qu’ils avaient une particularité. Une honorable particularité. Ils veulent bien faire. Toujours bien faire. Quand on leur dit qu’il faut différencier les pratiques pédagogiques en raison de l’hétérogénéité des élèves, on leur demande en même temps de faire les mêmes évaluations que la classe voisine. Et si possible le même jour. L’enseignant prend sur lui. Quand il souhaite développer la créativité et la spontanéité chez les élèves, il doit attendre des semaines pour que le pot de peinture de la CADEV arrive en classe. L’enseignant prend sur lui et dans son portemonnaie la plupart du temps. Quand un règlement d’application spécifie qu’au-delà d’un certain nombre d’élèves, des aménagements doivent être proposés, on lui dit qu’il n’y a pas plus d’argent. L’enseignant prend sur lui. Quand on dit que les enseignants sont des professionnels, ils doivent tout de même justifier à l’administration vaudoise l’achat d’un paquet de farine pour Fr. 2.10. L’enseignant prend sur lui. Une attitude honorable. Oui, mais peu viable. L’enseignant doit pouvoir se concentrer et mettre son énergie dans le coeur du métier: enseigner sans injonctions contradictoires et sans tracas administratifs. Le reste, c’est l’affaire de la SPV. C’est tout le travail que la SPV a mené durant toute cette année. Grâce à vos comités d’associations, au Comité cantonal et grâce à notre Secrétaire général. Je les remercie chaleureusement pour cela. Cette année, un immense travail a donc été effectué par la SPV sur plusieurs dossiers, notamment celui des aides à l’intégration, les praticiens formateurs, les doyens, le groupe de travail LEO ou les mesures socio-éducatives. Sur ce dernier point, les résolutions des AD de 2015 et 2016 ont été les éléments déclencheurs pour la mise sur pied d’un groupe de travail dans lequel la SPV a participé. C’est bel et bien grâce aux positions spécifiques SPV construites collectivement que nous arrivons à faire avancer les dossiers. Preuve qu’en proposant, qu’en insistant un peu, beaucoup, voire passionnément, et qu’avec une bonne dose de patience, les projets avancent. En ce qui concerne l’avant-projet de règlement de la LPS, le Comité cantonal a consulté les comités des associations. Cela démontre que vous êtes entendus et que vous avez votre mot à dire à la SPV. Votre place est là. Si la LPS était compliquée, l’avant-projet de règlement l’est tout autant. La SPV demande donc une réécriture de ce dernier pour répondre aux besoins du terrain et pour que les intégrations puissent se faire dans le respect de tout le monde: les enseignants, les élèves de la classe et l’élève à besoins particuliers. Pour faire fonctionner au quotidien la SPV, il y a une sacrée équipe: Marie, Mireille, Bernard, Paolo, David, Yves U. et Yves F. Un profond et sincère merci. Pour vos relectures, pour vos commentaires, vos remises en question, vos propositions, vos soutiens et parfois vos coups de gueule (…).»

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