Des pistes pour raccrocher

On le sait, le décrochage scolaire est lourd de conséquences, et davantage aujourd’hui qu’hier dans une société où, pression économique oblige, un diplôme professionnel ou du degré secondaire II semble devenu la condition minimale pour échapper à la précarité de l’emploi.

En Suisse, rapporte notre dossier, la proportion de jeunes quittant prématurément l’école oscille depuis 2003 entre 6 et 10%, avec une tendance à la baisse depuis une dizaine d’années (p. 5). Sortis du système éducatif sans qualification, ces jeunes rencontrent de grosses difficultés d’insertion sociale et professionnelle. Ils représentent une population potentiellement à risque, dépendante à long terme de l’aide sociale. Leur vulnérabilité est avant tout synonyme de souffrance, pour eux et leurs familles. Les recherches ont déterminé que si les décrocheurs sont le plus souvent des garçons, le plus souvent issus de familles socioéconomiquement défavorisées, le plus souvent issus de la migration, aucun milieu n’est épargné. L’élève décrocheur est généralement repéré en fin de scolarité obligatoire, lorsque chutent drastiquement ses résultats et/ou que son absentéisme augmente et/ou que son comportement devient difficile. Mais le décrochage est le «produit d’un long processus et du cumul de difficultés familiales, scolaires, sociales» (p. 7), il peut se construire dès le début du parcours scolaire. Et parce que ses causes sont multiples, sa prévention nécessite d’agir sur plusieurs fronts. Heures de soutien, coaching, classes-ateliers, classes-relais, «option projet professionnel »... les dispositifs varient selon les cantons et l’âge des élèves. Notre dossier met notamment en lumière les MATAS, modules d’activités temporaires et alternatives à la scolarité, mis en place dans le canton de Vaud depuis 2006 (pp. 10 à 13). On y travaille certes les savoirs disciplinaires – sur un autre rythme –, mais surtout des compétences de vie: apprendre à s’organiser, à prendre confiance en soi, à maîtriser ses émotions, à vivre ensemble, à collaborer, à communiquer... à retrouver le plaisir d’apprendre pour soi. Pour la vie.

Bonne lecture.

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