Ne pas faire, c’est quoi?

En 1997, l’Educateur publiait un dossier sur le corps intitulé Le corps a ses raisons… Vingt ans plus tard, un glissement vers l’intérieur s’est opéré. Le corps n’est plus une enveloppe, mais un moyen pour apprendre. En géométrie, proposer des polyèdres géants permet un changement de perspective qui facilite peut-être l’apprentissage futur de la géométrie plane. En didactique des langues, l’enjeu consiste à imaginer des situations pédagogiques où l’action est première et à s’appuyer sur l’imitation (…) pour rester dans la fluidité de l’action. L’écoute musicale peut exploiter musicalement le geste spontané de l’enfant. L’Éducation physique et sportive (EPS) aussi se transforme: le corps n’est plus découpé, mais intègre une exploration des possibles dans un dispositif amplifiant l’expérience de l’élève. L’Udeskole, l’école à l’extérieure, se développe. Le corps peut alors bouger, ce qui est un facteur de santé, mais aussi une manière de transformer les situations d’apprentissage… et donc d’apprendre. L’enseignement gagne à être pensé par l’approche des «4E»: le corps en action est notre moteur pour apprendre, car c’est lui qui configure notre environnement et permet de faire émerger des significations. «Le corps a [donc] ses raisons». Et même l’inhibition se travaille… par le mouvement! L’enseignant doit pouvoir répondre à la question: ne pas faire, c’est faire quoi?

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