Un groupe à mettre au travail

Avec la nouvelle évaluation des fonctions, contrairement à ce qui s’est produit dans l’administration, plusieurs enseignants subissent ou risquent de subir des pertes de classes salariales car les titres qu’ils possèdent ne sont pas tout à fait conformes aux exigences du poste qu’ils occupent.

Le SEJ a réclamé la création d’un groupe de travail chargé d’arrêter les droits acquis en matière de formation des enseignants engagés depuis plusieurs années. Cette démarche a été réalisée dans l’administration en appliquant une règle appelée «amnistie» qui attribuait une forme de validation d’acquis pour les employés occupant un poste depuis plusieurs années.

Si pour les nouveaux engagements, les nouvelles règles adoptées dans le cadre de l’évaluation des fonctions doivent s’appliquer rigoureusement, c’est évident, leur application stricte à des employés qui donnent satisfaction depuis plus de cinq ans au poste qu’ils occupent serait par contre injuste. Cette manière de faire est moins automatique dans l’enseignement. Le SEJ a rappelé, à la faveur du traitement incompréhensible de quelques situations, que les enseignants aussi étaient soumis à la loi sur le personnel, au décret sur les traitements et au système d’évaluation des fonctions. Certes, dans l’enseignement, il est souvent nécessaire de faire valoir un titre académique et un titre pédagogique. Pour les titres académiques, il n’y a aucune raison de fonctionner autrement que dans l’administration. Dans le domaine pédagogique, la protection des titres impose une réflexion, mais sans absolu définitif.

Une situation fréquente est la dispense dans les écoles secondaires de branches pour lesquelles l’enseignant n’a pas de titre académique. Jusqu’à présent, aucune règle n’était appliquée. Un enseignant secondaire pouvait enseigner toutes les branches, sans retenue salariale. Changer diamétralement la pratique n’aurait aucun sens. Surtout que l’enseignant répond d’abord à un besoin de l’institution. On peut éviter les excès, mais sans intégrisme. Toujours pour les nouveaux engagements, la pratique bernoise est à retenir. Un enseignant peut dispenser des branches hors diplôme jusqu’à 25% de son taux d’activité. Cette disposition se justifie aussi par la difficulté d’assurer une employabilité suffisante et réelle à tous les enseignants en raison de la dimension restreinte des écoles dans notre canton. Du côté des autorités, on voulait s’arrêter à la réflexion pour le secondaire I. Or, et cela commence à être admis, des situations similaires existent au CEJEF et à l’école primaire, puisque dans le cadre de la formation même des choix d’options sont désormais réalisés.

D’autres situations doivent être analysées: un enseignant intervenant depuis plus de 20 ans dans un niveau pour lequel il n’a pas le diplôme pédagogique doit-il être renvoyé si l’on trouve un enseignant avec les titres? Une enseignante enfantine, ancien diplôme, qui a réussi sa formation d’enseignante spécialisée doit-elle être sanctionnée, car son diplôme de base est jugé inférieur au diplôme primaire? Une enseignante enfantine a-t-elle moins de compétences qu’un enseignant primaire pour dispenser les AC au cycle 2? D’autres cas encore plus complexes existent. Il faut les régler.

Les cas particuliers connus aujourd’hui sont appelés à disparaître dans un temps relativement court. La reconnaissance du travail que ces enseignants ont réalisé à satisfaction est une des bases d’une gestion humaine du personnel. Le concept commence à s’installer dans les services en lien avec l’enseignement. Le groupe réclamé par le SEJ devra concrétiser cette impression. Il a enfin été constitué. Qu’il se mette maintenant rapidement au travail.

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