Quand les pédagogues écrivent

Pourquoi écrire? Pour qui? Dans quelles intentions? Les motivations à saisir la plume ou le clavier sont sans doute aussi nombreuses que celles et ceux qui écrivent. Qu’en est-il pour les enseignant-e-s? 

Notre dossier du mois a comme parti pris d’interroger le rapport à l’écriture des pédagogues quand ceux-ci quittent l’écrit normé (corrections, évaluations, communications aux élèves, aux parents, à l’équipe enseignante, etc.) pour rédiger à propos de leur pratique. Lorsqu’ils posent sur le papier «imperfections, questions, doutes, étonnements» (p. 4) pour mieux concevoir ce qu’il se passe, pour mieux se découvrir, pour diffuser aussi, peut-être, ce qui a été pratiqué et compris.

L’exercice, éminemment formateur, est par exemple proposé aux étudiant-e-s et aux enseignant-e-s en formation continue de la HEP-Vaud, avec une telle richesse de découvertes que des ouvrages – Récits d’expérience – en sont nés (p. 7). Initialement suivi pour trouver de nouveaux outils pour encourager les élèves à écrire, le cours amène, et c’est tout bénéfice, à retrouver l’essentiel et nourrissant plaisir d’écrire, témoignent des enseignantes (p. 8). Et quand les consignes d’écriture débordent du cadre des pratiques professionnelles et invitent à la fiction et à la créativité? «Une dimension insoupçonnée (...) apparaît (...)», a remarqué la formatrice: le biographique (p. 10). On écrit ainsi non seulement pour penser, mais pour se penser; pour s’interroger «sur ce qui, dans nos vies, notamment professionnelles, a motivé tel retournement de situation, telle bifurcation (...)» (p. 12): «(...) le processus même de mise en mots de ce que nous vivons, pensons, ressentons modifie le contenu de la chose.» Aujourd’hui «les formes changent (blog, groupes sur les réseaux sociaux, etc.), mais la question est toujours actuelle: comment formaliser l’expérience humaine (celle du travail en est une) et la transmettre?» (p. 14)

Un dernier partage d’expérience clôt ce dossier, d’un projet touchant et porteur d’espoir qui a vu, en Belgique, de jeunes migrants de diverses origines apprendre à écrire et à créer ensemble.

On écrit aussi pour vivre.

 

Bonne lecture. 

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