Pas d’école inclusive à tout prix

L’école inclusive a un prix, mais pas n’importe lequel. Dans une prise de position récente, la SPG rappelle que les projets de l’école inclusive doivent se discuter avec les enseignants et que les structures existantes intégrant déjà des élèves à besoins spécifiques doivent être soutenues. 

Ce sont les conditions de la création d’un deuxième Dispositif d’intégration et d’apprentissages mixtes (DIAMs) qui ont déclenché cette réaction de la SPG. Alors que le premier DIAMs a été introduit dans une école qui n’avait pas de structure spécialisée, le projet prévu cette fois vise à transformer un regroupement de classes spécialisées en une nouvelle structure, alors que les acteurs en place mènent déjà des projets d’intégration d’élèves soit en provenance de centres médico-pédagogiques, soit à destination de l’enseignement régulier. L’idée du département est d’ouvrir un deuxième dispositif du genre pour étudier la possibilité d’étendre ces pratiques innovantes à d’autres établissements en les testant dans un contexte différent. Intention louable s’il en est. Cependant, la manière de s’y prendre soulève de nombreuses questions: modifications de projets en cours menés par l’équipe en place; changements importants en cours d’année, ce qui se fera au prix de bouleversements pour tous les enseignants de l’ordinaire comme du spécialisé; manque de communication avec les partenaires sociaux, le projet ayant été décidé en juin pour une mise en place rapide dans le courant de l’année scolaire; opacité des intentions du département dans la mise en place de ce nouveau dispositif d’intégration des élèves; pas d'explication sur la manière de prendre en compte les analyses du SRED* sur la première expérience du DIAMs. De plus, cela interroge la politique du département vis-à-vis des regroupements de classes spécialisées. En effet, ce sont des structures historiques d’intégration des élèves à besoins spécifiques; or, non seulement elles n’ont à ce jour aucune existence dans le projet d’école inclusive, mais elles font l’objet de suppressions régulières et maintenant de remplacements par des structures nouvelles. Le message subliminal du département à ce propos est donc propre à nourrir toutes les craintes et n’encourage pas les collègues à se lancer dans des pratiques d’intégration innovantes.

Lors de son AGO 2016, la SPG a dit oui à l’école inclusive, pourvu que le DIP y mette les moyens. Or, cette rentrée a vu quelques maigres ressources attribuées au développement du projet, certainement pas assez au vu des besoins (même le département le dit clairement). La SPG soutient l’idée d’un nouveau DIAMs; mais pourquoi ne pas profiter de l’implanter dans une école peu en contact avec les structures de l’Office médico-pédagogique, en y incluant le nombre de postes nécessaires? Évidemment cela coûterait plus cher, mais constituerait une vraie avancée dans les possibilités d’accueil d’élèves à besoins spécifiques dans l’ordinaire et serait plus respectueux de ce qui se fait déjà dans les écoles en matière d’intégration. La SPG demande que les regroupements de classes spécialisées soient maintenus et soutenus, notamment en leur octroyant une véritable place dans le projet d’école inclusive, qui mérite mieux que ces bricolages à la petite semaine qui mettent tout le système en tension.

 

* Service de la recherche en éducation

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