Le personnel de l’État mis sous pression

Motions parlementaires, décisions du conseil d’administration de l’HFR, loi sur l’ECAB, mise en consultation de nouveaux articles de la LPers touchant le droit de grève… comment le personnel peut-il accueillir certaines annonces et quelles perspectives d’avenir dans un ciel qui s’assombrit? 

Loi sur le personnel

Le Conseil d’État a mis en consultation quelques modifications de la LPers. 

Tout d’abord, il s’agit d’exiger, pour toutes les fonctions impliquant des contacts réguliers avec des mineurs, qu’un extrait «spécial» du casier judiciaire au sens de l’Art. 371a du Code pénal soit produit. Cette mesure de précaution est tout à fait justifiée et va dans le sens de la protection des mineurs.

Ensuite, s’agissant du droit de grève, le Conseil d’État a repris les conditions formulées par l’Art. 27 de la Constitution fribourgeoise mais, se référant à l’al. 4 de cet article, en interdisant la grève pour les policiers, le personnel des soins et les gardiens de prison. Dans son message, notre exécutif ne manque pas de mentionner que «la question reste ouverte de savoir si l’on veut étendre cette interdiction à d’autres catégories de personnel». Et si les enseignants venaient allonger cette liste? Or, la grève doit revêtir un caractère exceptionnel et doit être proportionnée. Pour les secteurs sensibles, un service minimum doit être mis en place. Dès lors, les prérequis pour l’organisation d’une grève sont très encadrés. L’interdiction faite à certaines catégories de personnel de faire grève apparait disproportionnée et discriminatoire, vu le caractère exceptionnel d’une telle mesure et l’exigence de la mise en place d’un service minimum.

Loi sur le personnel, bis

Par une motion, deux députés (un UDC et un PLR) demandent qu’une révision totale de la LPers soit lancée. Plusieurs propositions sont faites pour mener la réflexion. «Le système de palier devrait être révisé et remplacé par un système moins progressif, à 30 paliers (au lieu de 20), accompagné par un système prenant en compte l’évaluation du collaborateur ou de la collaboratrice.» Quelle serait la perte de salaire sur l’ensemble de la carrière? Tiens, un soupçon de salaire au mérite… 

Ensuite la LPers serait trop rigide, explication des demandes de sortie de l’Établissement cantonal d'assurance des bâti-
ments (ECAB) et du Conseil d’administration du HFR. Or, le texte actuel ne garantit-il pas une égalité de traitement pour l’ensemble du personnel? 

Enfin, les motionnaires proposent de «modifier le système d’évaluation du personnel afin de mettre en place un système plus objectif qui pourrait être utilisé dans l’octroi des augmentations salariales». Tiens, un soupçon de salaire au mérite… Cette motion pourrait causer préjudice à toute la fonction publique, sans épargner les enseignants. 

Et à l’Hôpital fribourgeois?

La direction de l’HFR a informé les organisations syndicales de son intention de privatiser la gestion du linge et de fermer ses buanderies de l’hôpital cantonal et de Tavel. Le dialogue social est une fois de plus bafoué et la promesse d’un semblant de consultation n’est qu’un alibi, les décisions de principe étant prises. Aussi, on assiste à une marche en avant de la direction de notre HFR qui touche plus de trente employé-e-s et qui laisse augurer d’autres saignées ou d’autres décisions dont le personnel sera le premier à subir les conséquences. Et par ricochet, ce sont aussi les usagers qui verront un service public se dégrader…

Aujourd’hui, l’ensemble du personnel est mis sous pression et les attaques se font de plus en plus vives, chez nous aussi. Alors, soyons solidaires et vigilants! 

 

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