La CIIP nouvelle est arrivée

La Convention scolaire romande est signée, le PER entre en vigueur, l’Espace romand de l’Education est une réalité, du moins sur le papier… et c’est précisément à ce moment charnière que l’équipe de nos ministres de l’éducation se voit majoritairement renouvelée. Entrer en responsabilité du système éducatif d’un canton, à l’instant de la mise en œuvre de la plus importante harmonisation de toute l’histoire, n’est pas simple pour un-e magistrat-e fraîchement élu-e. Ni pour ses subordonnés, d’ailleurs.

C’est le défi que doivent relever Monika Maire-Hefti pour Neuchâtel et Oskar Freysinger pour le Valais, qui ont déjà été embarqués dans cette aventure éducative il y a quelques mois, mais aussi deux nouveaux ministres, le Fribourgeois Jean-Pierre Siggen et la Genevoise Anne Emery-Torracinta. Au total, quatre nouveaux chefs, nouvelles cheffes, de département sur sept, pour la Suisse romande.

Présidée provisoirement par Bernhard Pulver, le responsable bernois de l’instruction publique, cette nouvelle conférence de nos ministres cantonaux n’a pas encore trouvé ses marques. Sa première réunion dans cette configuration aura lieu le 14 mars, et sera un premier test grandeur nature de ce que nous pouvons en espérer, voire de ce qui peut nous attendre. On se rappelle les remous provoqués par l’irruption de la presse dans une précédente séance, et la médiatisation de l’arrivée d’Oskar Freysinger pour sa première rencontre avec ses collègues. On peut souhaiter que cette prochaine session du printemps soit placée sous le sceau de la discrétion et de la sérénité nécessaires, et espérer qu’il en sortira une véritable impulsion optimiste et porteuse pour la mise en œuvre de la Convention scolaire romande et du PER.

Pour le SER qui a déjà pu en rencontrer deux sur les quatre, nos nouvelles et nouveaux responsables politiques semblent pleins de ressources et de bonnes intentions, comme celles et ceux qui sont déjà en place. Mais la dimension personnelle et la carrure cantonale ne suffiront pas pour réussir au niveau romand. La CIIP nouvelle est attendue au tournant comme une entité motrice de l’Espace éducatif romand et non comme la simple somme de personnalités, aussi brillantes et compétentes soient-elles.

Dans une conjoncture budgétaire extrêmement difficile pour plus d’un canton, il va falloir être d’autant plus dynamiques et inventifs pour répondre aux attentes très fortes et très légitimes d’un corps enseignant qui peut être aussi généreux et impliqué face aux exigences justifiées que pessimiste et démotivé devant les contraintes imbéciles et bureaucratiques.

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