L’errance est-elle bénéfique?

Pour les jeunes que sont nos élèves, le passage de l’école obligatoire à la vie active est de plus en plus difficile, en Suisse mais aussi dans les autres pays. Un cursus qui paraissait bien balisé jadis est devenu très chaotique. A tel point qu’au bout de trois ou quatre ans dans le secondaire II, plus d’un jeune sur deux n’a pas suivi de parcours linéaire (enquête TREE, Transition de l’école à l’emploi).

Cette constatation, faite il y a de nombreuses années déjà, a incité chaque système éducatif cantonal à multiplier les mesures transitoires, les structures d’aide, de repêchage, d’appui. Mais malgré tous ces efforts, l’errance des jeunes entre école obligatoire et entrée dans la vie active est toujours aussi importante. On ne compte pas le nombre de ruptures de formation, que ce soit au niveau des filières scolaires générales ou professionnelles, qu’à celui des apprentissages.

Et pourtant, dès 2004, le projet Transition (Nahtstelle) de la CDIP et de ses partenaires visait à ce que «les changements de place d’apprentissage ou d’école et les années d’attente soient réduits, voire éliminés». Si l’objectif peut paraître légitime, on peut se demander s’il est réalisable, et surtout s’il est souhaitable pour nos jeunes.

Au sortir de l’école obligatoire, est-ce que cette errance, cette indécision, ces hésitations, ces incertitudes sur ce qu’on veut, sur ce qu’on est, sur ce qu’on va devenir ne sont pas indispensables et ne font pas partie de la construction d’un individu? Dans quelle mesure le fait de suivre une voie toute tracée, toute sécurisée, serait-il plus constitutif du développement d’une future femme ou d’un futur homme appelé à exister dans un monde incertain? L’échec, le renoncement, le tâtonnement ne font-ils pas partie d’une incontournable éducation?

Mais il y a tâtonnement et tâtonnement, et on peut se demander si la véritable galère vécue par certaines et certains n’est pas plus destructrice que formatrice. Comment limiter les dégâts, tout en permettant l’errance bénéfique? Toutes ces questions sont vitales pour le devenir de celles et de ceux qui habitent nos classes.

Pour y répondre, participez aux Assises romandes de l’éducation. Bienvenue à Dorigny, le 27 septembre (inscriptions sur assises-education.ch, ou sur le site du SER).

 

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