Tirer la langue d’origine de la périphérie de l’école

Il y a plus de trente ans, de nombreux pays d’immigration (Suisse, France, Canada, etc.) ont décidé de prendre en considération les langues d’origine des migrants en instaurant des Enseignements/Cours de Langue et Culture d’Origine (ELCO ou CLCO1 selon les pays). Ces initiatives se sont développées grâce à des accords bilatéraux entre les pays d’origine et les pays d’accueil. De manière générale, les accords déléguaient l’organisation des cours (du recrutement des enseignants au curriculum) aux pays d’origine. L’objectif était double; d’une part maintenir les liens avec les pays d’origine afin de faciliter un éventuel retour; d’autre part, renforcer les liens qui existent entre les différentes langues des enfants et faciliter l’apprentissage de la langue d’instruction. Actuellement, en Suisse et ailleurs en Europe, ces cours doivent faire l’objet d’une réflexion approfondie afin de tenir compte des transformations récentes des sociétés d’accueil, de leur public et des apports récents de la recherche sur l’interculturalité et sur le plurilinguisme. Dans la première partie du texte, nous synthétiserons les raisons qui justifient une restructuration des CLCO. Dans la deuxième, nous présenterons les résultats les plus saillants d’une exploration du terrain des CLCO genevois. Enfin, dans une troisième partie, nous analyserons quelques pistes de réflexion pour contribuer au développement des CLCO dans une perspective interculturelle et globale.

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