Quatre ouvrages à découvrir en un clic!

 

 

 

 

 

Patrick Chamoiseau. (2017). Frères migrants. Éd. Seuil.

«Esquisser en nous la voie d’un autre imaginaire du monde, ce n’est pas grand-chose, prévient l’auteur. C’est juste une lueur destinée aux hygiènes de l’esprit.» Mais quelle lueur que de lire les migrances comme essentielles à la mondialité (écrasées par la mondialisation). Ce que vivent les migrants relève d’une seule aventure, très ancienne, qui continue: notre aventure humaine. À   eux, c’est toujours la vie qui vient, qui bondit, qui traverse, qui appelle, ce n’est jamais la mort. Aucun humain ne saurait en être l’impassible spectateur ou s’exonérer du poids de ses souffrances. Il n’y a qu’un seul film. La fin sera la même pour tous. Seule une politique du soin porté à tout individu, permettant à chacun de se construire une radieuse personne dans «le tissu grand déplié du monde», favorisera des régulations mondiales efficientes. Aux éducateurs de rêver déjà l’école comme un tel lieu d’accueil.

 

 

Eric Walther. (2017). Formateur d’enseignants. Défis au quotidien. Éd. Ouverture.

Ce pédagogue romand, retrouvé avec plaisir, nous parle ici de ce qu’il a vécu comme formateur d’enseignants dans les projets vaudois que furent EVM (École vaudoise en mutation) et les débuts de la HEP. Ses courts récits sont autant de reflets de sa «théorie pratique» où s’entremêlent ses valeurs, ses savoirs de référence et les éléments les plus pratiques de son action. Ses interrogations, ses étonnements, ses hésitations révèlent la réalité vécue avec passion. Même quand les demandes institutionnelles sont paradoxales, ou les résistances des étudiants et enseignants épuisantes, Eric Walther est là. Debout. Nous disant en pleine turbulence: «Nous pensons mal quand nous avons peur.» Ses textes pénétrant son intimité professionnelle rappellent combien les formateurs helvétiques, mais aussi de tant d’autres pays, ont dû déployer d’énergie ces dernières décennies en devant répondre aux pressions économiques pesant sur l’école.

 

 

Jean Abitbol. (2016). Le pouvoir de la voix. Éd. Allary.

L’homme possède un trésor inestimable: sa voix. Alchimie entre le corps et la pensée, instrument de contact, de persuasion, de charme, elle est le reflet de notre personnalité. Elle peut faire notre bonheur et notre perte. La voix fascine les scientifiques, les philosophes, les médecins. Comment se forme-t-elle? Comment devient-elle un pouvoir chez l’homme politique, l’artiste, le séducteur, et le professeur? Comment les professionnels la travaillent-ils? Jean Abitbol dévoile ses secrets, dont la force d’attraction confine au mystère. Nourri de nombreuses anecdotes et rencontres (philosophes, hommes de loi, chanteurs, acteurs, chercheurs, saltimbanques), ce livre se déguste comme un voyage scientifique et personnel nous conduisant à découvrir cet instrument que chacun possède, sans toujours le connaître et mesurer son pouvoir. Un livre fort utile à l’enseignant et… à tous les élèves devant l’écouter!

 

 

Maria Montessori. (1935-2016). L’enfant. Éd. Desclée de Brouwer.

Coffrets et pochettes Montessori (lectures, chiffres, nature avec cartes rugueuses des continents) poussent comme des champignons chez les libraires! Effets de la bousculante Alvarez soutenue par quelques chercheurs des neurosciences? Aïe! Relisons Montessori! Son livre de 1935 nous permet de la suivre dans son aventure de médecin, l’élaboration de son matériel «scientifique» basé sur les découvertes de l’époque sur l’activité et la sensibilité créatrice de l’enfant. On y découvre le combat centenaire pour une compréhension du développement de l’enfant. Et le hasard à la source de la création de la Maison des enfants. C’est là que sont repérées ces conditions favorisant une évolution non entravée de l’enfant: des parents illettrés et une maîtresse-ouvrière, sans ambitions ni préjugés… D’où l’utilisation libre du matériel et cette humilité spirituelle qui prépare à comprendre l’enfant.

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