Enseigner bientôt, ou bien plus tôt?

Pour les élèves et pour l’enseignant, chaque rentrée scolaire est une sorte de (re)commencement. Même si la composition de la classe n’a pas changé, même si son titulaire reste le même, le premier jour d’école est rituellement un jour singulier. Il augure plus ou moins bien des dix mois qui vont suivre: la double question «qu’allons-nous faire ensemble, et pour quel profit?» peut hanter plus ou moins clairement les esprits. Le maître – qu’il soit chevronné ou lui-même en train de débuter – peut se dire que des préalables aux apprentissages sont à envisager. Un préambule à imaginer. Des prérequis à assurer. Mais lesquels? Entre «enseigner bientôt» (après un prologue plus ou moins long) ou enseigner «bien plus tôt» (donc sans délai superflu), les pratiques pédagogiques peuvent varier, et le message qu’elles transmettent, y compris à leur insu, contribuer ou non à les légitimer.

 
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