Quatre ouvrages à découvrir

 

 

 

 

 

> Toby Little. (2017). «Cher monde». Éd. Pygmalion. Traduit de l’anglais par Benjamin Kuntzer.

À cinq ans et demi (les demi sont importants à cet âge), Toby décide d’écrire des lettres à des habitants des 193 nations recensées par l’ONU. Avec l’aide de sa mère. En fin de première année d’école au Royaume-Uni, il a rapporté à la maison ce livre déclencheur: A letter to New Zéland. Le but de Toby: essayer de «rendre le monde meilleur». Un rêve insensé? Le merveilleux de cette histoire est que des centaines de réponses lui parviennent de tous les coins de la planète. Rien n’est donc impossible, tous les hommes et femmes du monde sont prêts à communiquer… Les lettres les plus originales et touchantes sont dans ce livre. Un extrait du courrier de Jared, onze ans, de Colombie–Britannique: «N’aie pas peur des loups. Il y en a dans notre village et ils tuent nos chiens. C’est facile de les effrayer. Il suffit de faire brûler des morceaux de bois et d’écarter les bras pour les faire fuir. C’est tout.»

 

> Mélissa Plavis. (2017). «Apprendre par soi-même avec les autres dans le monde. L’expérience du unschooling». Éd. Myriadis.

On connaît l’instruction en famille par le home schooling. Pas forcément par le unschooling. Ce livre nous livre de nombreux témoignages sur la réalité de ces apprentissages informels et autogérés choisis par des parents pour faire découvrir le monde à leurs enfants en dehors de toute forme scolaire. L’auteure, en mêlant aux témoignages ses analyses philosophiques et anthropologiques, nous permet d’observer et de réfléchir à ces expériences. Sa déconstruction des a priori concernant les conditions des possibilités de le pratiquer et sa démonstration de la sociabilisation qu’il facilite, la conduisent à faire l’hypothèse qu’il s’agit d’une pratique écologique (au sens généralisé du terme). Plus qu’un mode d’instruction, il peut être perçu comme un mode d’être et de vivre, qui vise à prendre soin des relations à soi, aux autres et au monde, tout en sortant, tant que possible, de toutes les dominations.

 

> Alain Bentolila. (2017). «L’école contre la barbarie». FIRST Éditions.

Cet auteur ne doit pas être d’accord avec le unschooling. Non pas parce que, pour lui, seule la raison des enfants fera barrage à la folie meurtrière actuelle, mais parce que c’est l’école qu’il estime indispensable pour lutter contre la barbarie. Il réclame une politique éducative ayant le courage de métamorphoser l’école pour refuser que les esprits trop faibles des enfants soient livrés en pâture à tout dangereux manipulateur. Il formule, en ce sens, onze propositions concrètes. Dont une priorité à la maîtrise de la langue, qu’il revendique depuis toujours. Mais plus inédit: ce refus de programmer l’échec et l’exclusion des enfants les plus fragiles, en mettant de vrais sas de transition aux moments névralgiques de leur cursus. En accordant autant d’importance à la façon d’apprendre qu’à ce que l’on apprend. En osant parler de la religion à l’école pour réconcilier spiritualité et laïcité.

 

> Augustin d’Humières (2017). «Un petit fonctionnaire». Éd. Grasset.

Le petit fonctionnaire interpellé ici est «quelqu’un de bien». Il est là, sur le terrain. Il applique les consignes, il suit les programmes. Il exécute. On loue son dévouement. Mais un jour, il réalise: il a contribué à instaurer un système injuste, inégalitaire, absurde, qui a engendré l’ignorance, la violence, le ressentiment. Alors il faut répondre… L’auteur le fait en (dé)montrant comment un enseignant fonctionnaire pris dans le système scolaire peut, en participant aux réformes avec lesquelles il n’est pas d’accord, en obéissant aux syndicats et aux habitudes du terrain, se sentir un jour coupable de voir des enfants partir pour Raqqa ou Mossoul. Parce que l’école ne leur a rien transmis. Ni une langue, ni une histoire, ni des textes, ni des mots. L’auteur est prof de lettres classiques dans un lycée. Il oeuvre pour la défense du grec et du latin comme vecteur de réussite scolaire.

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