L’évaluation, l’affaire des enseignants

Grosse colère des collègues à propos des épreuves cantonales 2017. La raison? L’interdiction d’utiliser les moyens de référence pour une partie de l’épreuve de français. Cette polémique révèle avant tout la frustration de ne pas être entendus dans le domaine de l’évaluation, le coeur du métier.

Chaque activité de l’enseignant est traversée par l’évaluation basée surtout sur l’observation des élèves. L’enseignant regarde en permanence l’attitude de ses élèves, leur raisonnement dans les activités et bien sûr les traces écrites révélatrices de ce qui a été compris au final. L’enseignant prévoit l’évaluation formelle en fonction du travail qu’il aura pu faire avec ses élèves. On évalue en principe ce qui a été enseigné et selon la manière dont les notions ont été travaillées en classe. Alors, quand les consignes d’une évaluation cantonale, parachutées d’en haut sans concertation avec les enseignants, viennent percuter de plein fouet le travail régulier de la classe, ça coince! Sur le fond du problème, la SPG estime que l’utilisation des moyens de référence n’est pas problématique, dans la mesure où consulter le tableau de conjugaison, par exemple, ne doit pas se faire pour chaque mot. Il y a aussi un apprentissage à faire pour les élèves de l’utilisation des moyens de référence, non pas comme un oreiller de paresse pour ne rien savoir par coeur, mais plutôt pour vérifier les quelques mots où le doute subsiste. C’est la même chose pour les adultes! Écrire un texte dont il faudrait vérifier chaque mot dans le dictionnaire serait à proprement parler insupportable! C’est aussi une question de cohérence par rapport au travail quotidien de l’élève tout au long de l’année. Les rédacteurs ont demandé à en discuter avec la DGEO, sans succès. L’information du cadre général des épreuves cantonales a été diversement donnée selon les établissements. Si certains élèves ont pu se préparer à ces épreuves en connaissance de cause, d’autres seront sans doute surpris de ne pas pouvoir utiliser les moyens de référence comme ils ont l’habitude de le faire. Un autre problème récurrent et ancien est que la direction veut faire jouer des rôles différents et contradictoires aux épreuves cantonales. Elles devraient être un exemple d’évaluation, une régulation des apprentissages et un monitorage du système. Or, en matière d’évaluation, il est quasiment impossible d’avoir une épreuve visant différents buts, surtout lorsqu’ils sont si différents, à la limite du paradoxal! En conséquence, la SPG a demandé à la direction de généraliser l’utilisation des moyens de référence à toute l’épreuve de français, comme la calculatrice est à disposition des élèves pour l’ensemble de l’épreuve de mathématiques. Nous demandons également qu’un groupe de consultation soit mis sur pied l’année prochaine. Il y a longtemps, la SPG avait un groupe interne des rédacteurs des épreuves. Ce groupe interne avait été dissous, parce qu’il ne traitait que du contenu des épreuves. Peut-être serait-il sage de remettre sur pied une cellule de veille des épreuves cantonales, pour retrouver une certaine influence sur les principes qui guident cette opération d’évaluation de fin d’année; histoire que ce coeur du métier ne soit pas confisqué par la direction, mais reste l’affaire des enseignants!

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