Vous avez dit revalorisation?

À l’heure où les budgets cantonaux sont publiés, force est de constater qu’en Romandie, les situations sont disparates. Si dans certains cantons, une augmentation des investissements se fait dans le domaine de l’éducation – ce que le SER salue –, dans plusieurs autres, les enseignants, comme les autres employés de la fonction publique, sont à nouveau touchés par différents trains de mesures d’économie pour limiter les dépenses de l’État.  

 

Que ce soit, par exemple, à travers une nouvelle grille salariale abaissant les salaires cumulés sur une carrière ou à travers la mise en place d’une contribution de solidarité ou encore à travers la suppression des décharges de fonction, diverses méthodes – souvent non négociées ou imposées - sont appliquées suivant le canton, sur le dos des enseignants, pour tenter d’équilibrer les budgets.

Il est encore loin le moment où les autorités cantonales auront enfin le courage de dire à la population quel service est à supprimer pour avoir telle économie. Il est plus simple et plus démagogique de demander aux employés cantonaux de faire à nouveau un effort particulier. Cependant, ces mesures d’économie répétées ont, à terme, des conséquences sur le moral des enseignants déjà souvent mis à mal par l’excès de bureaucratie et le manque d’encadrement dans les classes. Le burn-out qui en découle a aussi un coût, simplement oublié, voire complètement caché, par les autorités.

Ces péjorations des salaires et du statut rendent notre profession moins attractive. Le métier en est de facto dévalorisé, ce qui aura des répercussions sur le recrutement des futurs enseignants. C’est la qualité de l’école qui est en péril.

Il est temps de prendre des mesures concrètes pour revaloriser notre profession et la rendre plus attractive. Les autorités cantonales doivent se rendre compte que tout investissement dans le domaine de l’éducation – véritable matière première pour notre pays –, à contrario toute économie, a des répercussions sur la Suisse de demain. Il ne faut pas la brader. Le SER y veille!

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