Une rentrée normale, vraiment?

À chaque rentrée scolaire, la conseillère d’État dresse l’état de la situation des conditions d’enseignement pour l’année à venir. À la lecture des chiffres de cette année, on constate une stabilité qui pourrait pousser à un optimisme béat! Mais on doit se demander si l’arbre ne cache pas la forêt.  

Le département le dit clairement: cette situation bénéfique pour les élèves est le fait de réallocations internes et d’efforts d’efficience des collaborateurs du Département de l’instruction publique (DIP). Autrement dit, tout le monde se serre la ceinture pour que la boutique tourne! Depuis plusieurs années, la conseillère d’État a rationalisé tout ce qu’elle a pu, au point que l’exercice atteint ses limites: les fonds de tiroirs sont usés à force d’avoir été raclés!

La situation de cette année est donc assurée, malgré le fait que le DIP a dû faire face à une arrivée assez importante de réfugiés mineurs non accompagnés, dont il faut non seulement assurer une scolarité et une future insertion professionnelle, mais également l’encadrement toute la journée parce qu’ils ne peuvent pas être livrés à eux-mêmes une fois sortis de l’école.

Cela dit, si l’essentiel est sauf, l’école inclusive ne se développe pas autant que ce qu’elle pourrait, voire devrait, faute de moyens. L’enseignement primaire se voit octroyer une dizaine de postes d’appui; c’est une forme d’avancée, mais au regard des postes supprimés il y a une vingtaine d’années, on est loin du compte et on ne nage pas dans le surplus de moyens! Deux assistants à l’intégration scolaire ont été engagés, largement en dessous des besoins dans l’enseignement obligatoire, a fortiori au primaire où les élèves sont encore très dépendants de l’adulte. Une nouvelle structure de type DIAMS devrait voir le jour. Tout cela constitue des progrès qu’il faut certes relever, mais bien insuffisants au regard des besoins identifiés par le département lui-même. Si l’on ajoute à cela qu’au niveau du cycle d’orientation (CO), des élèves sont contraints de faire des trajets en bus - raisonnables il est vrai, mais tout de même - pour suivre les cours dans un autre collège que celui de leur quartier, on est en droit d’être inquiets!

Le Parlement a voté la nouvelle organisation du CO, avec un certain budget, mais celui- ci n’a pas été investi dans sa totalité, tant s'en faut. Le Parlement a voté l’école inclusive dans son principe, mais peine à donner les moyens nécessaires au développement de ce projet, qui du coup prend du retard. Heureusement, des postes ont été débloqués en proportion de l’augmentation des effectifs d’élèves, mais rien ne dit que les hausses d’effectifs importantes attendues au primaire ces prochaines années seront couvertes par un nombre d’engagements suffisant pour garantir les conditions-cadres indispensables d’enseignement.

Il est donc plus que jamais impératif que la SPG continue à se battre sur tous les fronts pour demander les moyens nécessaires au bon fonctionnement de l’école primaire. Apparemment, certains députés n’ont toujours pas compris la nécessité d’assurer les bases des apprentissages au primaire pour éviter bien des difficultés par la suite. L’enseignement obligatoire doit continuer à être l’objet de toutes les attentions politiques, sans quoi, c’est l’ensemble de l’édifice qui risque de s’écrouler. •

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