Une fausse bonne idée – une fausse bonne raison

En ce mois de septembre, aussi régulièrement que la Fête des vendanges, mais apportant moins d’euphorie dans les foyers suisses, la communication des primes des caisses maladies apporte bien des tracas dans les budgets des ménages et alimente les discussions: les coûts de la santé prennent l’ascenseur; il faut faire quelque chose; on ne peut plus payer autant!

 

Sans remettre en cause l’excellent travail et l’engagement des médecins en faveur des patients de notre beau pays, nous pourrions faire baisser les coûts de la santé en les payant moins. Pour ce faire, il suffirait de prévoir une formation initiale plus courte, par exemple en exigeant seulement une formation de niveau bachelor.

Bonne idée, non? Mais que faire alors de la qualité que l’on attend de nos praticiens généralistes? Est-elle garantie avec une formation plus courte? Sommesnous prêts à leur confier nos maux si leur formation est incomplète ou limitée dans certaines spécialités? Non, bien sûr, personne ne veut remettre en question le niveau de la formation initiale des médecins et ce, à juste titre!

Dans le dossier de la formation des enseignants, les autorités ne veulent pas d’une formation plus longue car, je cite: «Nous n’avons simplement pas les moyens d’offrir un salaire correspondant à ce niveau d’étude (ndlr: master) pour tous les degrés d’enseignement.» Et voilà, c’est dit! On ne parle pas de qualité de la formation, des nécessités rencontrées sur le terrain, de ce que l’on veut offrir aux jeunes comme enseignement…, on ferme la porte et on la barricade sous prétexte des futurs salaires qui devraient peut-être être revus pour correspondre aux titres.

Pourtant jusqu’ici, les syndicats ont toujours fait preuve de réalisme dans ce dossier et la question des salaires n’a jamais été une des raisons poussant les syndicats, dont le SER, à revendiquer une augmentation du volume de la formation initiale des enseignants. Nous souhaitons avant tout que cette formation corresponde aux besoins évidents de l’École d’aujourd’hui et de demain. •

 

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