Une demande légitime

Le service des ressources a répondu à une demande de la SPFF et du LDF, nos collègues alémaniques. Le nombre d’enseignant-e-s formé-e-s à la HEP tend à dépasser celui des enseignant-e-s formé-e-s à l’École Normale. Une lettre commune a été envoyée au Conseil d’État afin de revoir notre classification salariale. 

Le système d’évaluation EVALFRI permet à une commission ad hoc de donner un préavis au Conseil d’État sur l’échelle de traitement à attribuer pour toutes les fonctions du personnel de l’État. Ce système prend en compte de nombreux paramètres propres à chaque profession par l’attribution de points. La formation en est la principale composante. Ainsi, la fonction enseignante des cycles 1 et 2 a été évaluée deux fois, les enseignant-e-s formé-e-s à la HEP et les enseignant-e-s formé-e-s à l’École Normale. L’analyse a donné des résultats différents, du fait de la formation. Dans un souci d’égalité de traitement, un accord a été trouvé, pour une classification unique, minimale pour les uns et maximale pour les autres. Il avait aussi été convenu qu’une fois la barre des 50% d’enseignant- e-s formé-e-s à la HEP atteinte, un réajustement devait être fait. C’est pourquoi la SPFF et le LDF ont adressé une demande formelle au Conseil d’État.

Quelques éléments argumentent cette demande légitime: Comme je l’ai déjà évoqué, la proportion d’enseignant-e-s au bénéfice d’un bachelor est maintenant supérieure à 50%.

Le champ d’action des enseignant-e-s primaires est devenu beaucoup plus vaste pour plusieurs raisons: intégration des élèves souffrant de handicaps physiques et/ou de troubles de l’apprentissage, exigences de planifications et d’organisation, nouveaux projets mis et/ou à mettre en place…

Le niveau de formation de base ou acquis par la formation continue et l’expérience est de plus en plus élevé et doit être reconnu. Le nombre d’interactions avec d’autres personnes impliquées au sein de l’établissement ou de la classe a considérablement augmenté. L’environnement de travail est de plus en plus complexe.

Les exigences des plans d’études, la complexification des matières et les nouvelles compétences demandées pour l’enseignement de l’anglais et des MITIC sont de plus en plus élevées. Elles ne permettent souvent plus d’assumer une classe à plein temps ou créent de la frustration, car on aimerait toujours faire plus, toujours faire mieux.

Des études récentes, dont celle du SER, prouvent que les enseignant-e-s, même s’ils considèrent leur métier comme un défi positif, voient leur état de santé se dégrader au fur et à mesure que la période scolaire avance et doivent tenir le coup, sans vraiment avoir le temps de déconnecter et de profiter de leur temps libre. Enfin, la différence de quatre classes salariales entre le primaire et le secondaire I ne se justifie plus.

Vos associations professionnelles estiment légitime de revendiquer une classification en classe 20. D’autant plus que nous allons devant un départ massif d’enseignant- e-s à la retraite, en particulier par rapport aux nouvelles dispositions sur notre caisse de prévoyance. Cela créerait un attrait supplémentaire pour une profession qui souffre d’une pénurie chronique.

Nous attendons un positionnement de nos Autorités dans les prochains mois et nous sommes prêts à ouvrir des négociations sur ce thème pour que le «gentleman’s agreement» conclu il y a quelques années se concrétise.

 

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