Un rejet unanime

La période de consultation du projet d’évaluation du personnel enseignant (ENSEVAL) est maintenant terminée. Les rapports des associations professionnelles ont été remis. Cette procédure ne convainc pas. Résumé en cinq points.

L’esprit

Bien loin de viser «la reconnaissance du travail fourni et le soutien aux enseignant- e-s», le projet aura pour objectif premier un contrôle systématique de la qualité de l’enseignement. Sur la base des manques que devra déceler l’évaluateur ou reconnaître l’enseignant-e, on nous demandera de dépasser en permanence nos performances. Nous serons mis dans une situation de pression constante, courant après un Graal impossible à décrocher. Il en résultera un sentiment d’insécurité et la mise en place d’un système de management par la performance, peu compatible avec notre profession. Les moyens utilisés sont disproportionnés et la recherche de l’excellence entrainera des effets négatifs sur le fonctionnement des établissements.

Périodicité et conduite des entretiens

Un entretien personnel au minimum une fois par année, un entretien d’orientation tous les deux ans et un entretien d’évaluation des prestations tous les six ans… telle est la périodicité proposée. Il faut alléger le programme, en supprimant au moins l'obligation de l’entretien personnel annuel. La SPFF ne remet pas en cause la conduite des entretiens par le responsable d’établissement (RE), mais estime que les contraintes et les exigences de ce système demanderont du temps (que nos RE n’ont pas encore) et une formation solide. Pour la conduite de l’entretien d’orientation, nous n’accepterons que les adjoints des RE (qui seront très rares) en soient responsables uniquement s’ils ont les mêmes formations que les RE et s’ils sont reconnus comme nos supérieurs hiérarchiques.

La qualification A+

La SPFF estime que le A+ est hors de propos. Cette qualification va instituer un climat de concurrence et mettre en place une culture du résultat. On court le risque d’attribuer une «note» de manière subjective (pourquoi A et pas A+?) qui péjorera les relations entre l’équipe enseignante et sa hiérarchie. Cette qualification aura des effets désastreux. On file à grands pas vers la méritocratie. La SPFF demande que les niveaux d’évaluation soient portés à deux: «atteint» - «non atteint».

Fixation des objectifs

Suite à son entretien, l’enseignant-e disposera d’une semaine pour formuler clairement un à trois objectifs et suggérer un plan d’action pour combler ses manques. Puis, ce sera au supérieur hiérarchique de valider la proposition. La SPFF ne peut admettre cette façon de faire. S’il doit y avoir un accord sur la fixation d’éventuels objectifs ou sur l’inscription à une formation continue, la discussion doit avoir lieu lors de l’entretien, lors d’une coopération constructive. La SPFF propose de réduire le nombre d’objectifs à fixer et la périodicité, entre deux entretiens d’évaluation des prestations par exemple.  

Compétences personnelles

L’évaluation des compétences personnelles est très tendancieuse et porte un jugement critique, particulièrement subjectif, sur l’enseignant-e. Loyauté, hygiène, tenue vestimentaire, attitude à l’égard des personnes… ces indicateurs sont sources d’interprétation et leur teneur porte atteinte à la vie privée et permet de s’immiscer dans la sphère intime. La SPFF pose la question de savoir quelle est la norme à évaluer et quelle construction objective chacun peut se faire de cette norme. La SPFF demande la suppression de cette évaluation du comportement, le système portant sur les activités professionnelles et non sur la personnalité de l’enseignant-e.

Conclusion

 

La SPFF souligne qu’elle n’est pas opposée à l’introduction d’un système d’évaluation, mais rejette les documents actuels et demande la réouverture de discussions afin de clarifier le tout, de reprendre point par point nos interrogations pour trouver un consensus général.

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