Un rapport de qualité

Depuis 2012, le SEJ réclame régulièrement la création d’un groupe de travail chargé de mener une réflexion approfondie sur la politique en matière d’intégration/ inclusion scolaire à mettre en oeuvre dans le Jura. Las d’attendre, le SEJ s’est mis au travail et a remis récemment au Département un rapport à ce sujet.

Il faut préciser que depuis 2012, l’État n’a jamais fermé la porte à cette idée. Mais il ne l’a pas vraiment ouverte non plus. Les velléités d’économies dans le domaine scolaire, dans l’enseignement spécialisé aussi, ont suscité de véritables inquiétudes chez les enseignants spécialisés en général, membres du SEJ en particulier. Ainsi, au début de l’année scolaire 2016-2017, ne voyant rien venir du côté de l’État, la commission de l’enseignement spécialisé du SEJ (COMES) a constitué des groupes de travail, cinq au total, réunissant une vingtaine d’enseignants. Peu avant que les travaux de ces différents groupes de travail soient terminés, nous avons appris qu’une commission interne au service de l’enseignement (SEN) avait été mise en place sous la direction de M. Georges Rais pour rédiger un concept de l’enseignement spécialisé. La personnalité de ce dernier, ses compétences dans le domaine unanimement reconnues, ont été de nature à rassurer les enseignants. Mais comme la participation du SEJ n’est envisagée qu’en troisième strate, par une représentante dans un comité de pilotage qui interviendra après un groupe de relecture également interne au SEN, il a été décidé de mettre en forme les constatations, questions et autres suggestions formulées par les différents groupes du SEJ. Les groupes qui se sont constitués se sont intéressés aux classes de transition (3P sur deux ans), aux deux systèmes de classes de soutien primaires (Delémont-Bassecourt et Porrentruy, pour simplifier), aux classes de soutien à l’école secondaire et au soutien ambulatoire. Un souci fréquemment relevé est la latitude laissée aux parents pour la décision concernant les mesures de pédagogie compensatoire. Dans un réseau où tous les partenaires considèrent que, pour le bien de l’élève, il serait bon qu’il entre dans une structure spécifique, les parents conservent le dernier mot, cela sans que leur responsabilité soit clairement engagée et identifiable. Une autre source d’inquiétude est le non-respect des normes d’effectifs dans les classes. De mauvais exemples pourraient être cités dans ce domaine. Pourtant, la prise en charge de ces élèves à besoins particuliers implique que les normes soient scrupuleusement respectées. Ou alors, on décide de défavoriser davantage encore des élèves en difficulté. Enfin, il est aussi relevé l’incapacité chronique des autorités à établir des bilans d’expériences tentées dans le domaine de la pédagogie compensatoire. Le cas le plus flagrant est celui de la structure de soutien à Delémont qui inverse l’appartenance des élèves. Plutôt que de les mettre en classes de soutien identifiables et de pratiquer par des intégrations limitées en classes ordinaires, on tend ici vers l’inclusion en classes ordinaires avec une structure de soutien qui n’intervient que pour les besoins spécifiques de l’élève dans les domaines où il rencontre des difficultés importantes, dépassant sa prise en charge par du soutien ambulatoire. Le bilan de cette expérience devait être réalisé en 2009… Une chose est sûre, le modèle inclusif implique une mise à disposition de ressources humaines beaucoup plus importantes qu’elles n’existent aujourd’hui à Delémont. Si le système présente des qualités reconnues, il ne fait pas l’unanimité dans tous les domaines. Il serait donc temps de préserver ses qualités et d’améliorer ses défauts. Pour plus de détails sur les travaux des différents groupes, rendez-vous sur le site du SEJ: www.sej.ch, sous COMES.

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