Un espoir de courte durée?

Le Gouvernement jurassien a invité la Coordination des syndicats de la fonction publique (CDS) le 13 septembre dernier pour présenter quatre variantes d’économie touchant la masse salariale dès 2017. Sans attendre la réponse de la CDS, deux semaines plus tard, il annonçait au personnel sa décision. Douche froide pour les syndicats.

Reprenons depuis le début. Le 13 septembre, une rencontre quasi exceptionnelle entre le Gouvernement et le comité de la CDS se tenait pour discuter des variantes d’économie envisagées sur la masse salariale. On n’en était pas encore au stade des négociations, ça viendra peut-être un jour, mais c’était nettement mieux que le mépris affiché à l’égard des partenaires sociaux par la «Table ronde» voici deux ans. Le Gouvernement a présenté les alternatives qu’il a imaginées et qui étaient, dans l’ordre de préférence de l’exécutif cantonal:

1. L’échelle des salaires est actuellement basée sur l’IPC (indice des prix à la consommation = taux de renchérissement) valable en décembre 2010 (100%). L’IPC réel aujourd’hui est de 97,6%. L’idée est de réduire l’échelle de traitement d’un pourcentage encore à calculer permettant d’obtenir l’économie souhaitée.

2. Le temps de travail des employés est augmenté d’une heure, d’une leçon pour les enseignants; 22,5 postes sont ainsi supprimés.

3. Une contribution «conjoncturelle» est introduite, variant de 0,5 à 1,8%.

4. L’annuité n’est pas accordée pour 2017. La CDS a alors annoncé que les syndicats allaient organiser des assemblées générales et transmettre la position retenue avant la fin du mois.

Dans l’intervalle, nous apprenions que le Gouvernement allait porter un montant au budget sans indiquer comment il allait être financé.

Le 28 septembre, la dernière assemblée a eu lieu. Le comité de la CDS se réunissait pour décider de la position à défendre le lendemain dans l’après-midi. Mais patatras, le 29 au matin le Gouvernement annonçait au personnel avoir retenu la mesure 1 ci-dessus en opérant une baisse de l’IPC de référence de 1,5%.

Le comité de la CDS, après un long débat, a fini par décider de continuer la procédure entamée le 13 septembre et de ne pas tenir compte du dérapage du Gouvernement. Il lui a remis sa position en insistant sur la colère de plusieurs membres qui se demandent quand l’article de la loi sur le personnel parlant du partenariat social allait enfin être respecté.

Le comité de la CDS a développé une position, non unanime, mais très majoritaire des syndicats, et l’a transmise au Gouvernement. Elle se résume ainsi:

La contribution conjoncturelle est, aujourd’hui, la seule envisageable pour les raisons suivantes: elle est progressive et sanctionne moins les bas salaires (la CDS propose une contribution allant de 0,5% à 2% du salaire); elle peut être aisément réduite dans le temps; elle préserve les emplois; elle s’applique de manière identique à l’administration et à l’enseignement; elle ne s’applique qu’aux employé- e-s de l’État, qui sont les seul-e-s à être représenté-e-s par la CDS.

La demande d’une convention signée entre le Gouvernement et la CDS fait également partie de cette proposition. Pour la CDS, cet accord doit porter sur la législature et prévoir une disparition progressive de la mesure jusqu’en 2020.

Le 13 septembre, le Gouvernement ouvrait la porte. Le 29, cette porte s’est refermée sur les doigts des représentants des employés. Était-ce un espoir de courte durée? La CDS veut encore croire que des discussions sont possibles. Nous l’ignorons au moment où nous écrivons ces lignes. Nous espérons que c’est une réalité maintenant que vous les lisez.

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