Un beau bout de chemin

1867: récemment créée, la Société pédagogique genevoise rejoint la Société des instituteurs de la Suisse romande (futur SER). 2017: toujours au front, la SPG fête ses cent-cinquante ans en publiant un livre qui raconte son engagement pour la défense et la promotion d’une école de qualité au service de toutes et de tous. 

Notre dossier résume ce siècle et demi d’histoire mouvementée, faite de batailles professionnelles et syndicales – dont bon nombre ont été remportées –, de solidarité, de retraits parfois, beaucoup plus souvent d’ouvertures au monde. «Un regard en arrière nous rend plus solides sur nos bases, moins seuls, moins désemparés, et surtout beaucoup plus riches lorsque l’héritage est à la hauteur » (p. 4), souligne en introduction Georges Pasquier, auteur avec Josianne Thevoz et Lilianne Palandella de l’ouvrage 150 de vie de la Société pédagogique genevoise (voir en p. 28).

Les réflexions se nourrissent du passé pour le présent et pour l’avenir, sachant que la prise de conscience doit se poursuivre, non seulement à Genève, mais dans tout le monde enseignant, «que pour être reconnus, respectés, légitimés, il faut faire partie d’une communauté professionnelle et y être résolument actifs» (p. 7). C’est que l’engagement est autant essentiel maintenant qu’hier, alors que «les premières années du XXIe siècle apportent des problèmes qui sont profondément toujours les mêmes: amener chaque élève à son meilleur niveau possible, (...), recevoir la reconnaissance de l’importance de notre fonction, obtenir des conditions salariales à la hauteur des exigences demandées » (p. 9). Les enseignant-e-s se sentent aujourd’hui déconsidérés? Il y a là «Une raison de déprimer... ou alors de nous renouveler » (p. 12), relève Olivier Maulini: «(...) nos aînés ont cru aux vertus de l’affranchissement par la confraternité. (...) Si le progrès est toujours nécessaire, c’est que le présent n’est jamais parfait et que l’avenir n’existe pas sans projet.» Laurent Vité, actuel président de la SPG, dont une interview clôt ce dossier, confirme: «C’est la ligne tenue collectivement sur le long terme qui est admirable. Chaque époque, chaque président, chaque comité font un petit bout de chemin et rien ne se fait sans un ensemble d’actions qui durent des années. » Bonne lecture.  

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