Source de motivation

Considérée parfois encore comme un genre littéraire marginal, la science-fiction (SF) présente pourtant nombre d’atouts pédagogiques. La classe a beaucoup à gagner à l’accueillir, et pas seulement en leçons de lecture ou de sciences, relève notre dossier.

En apprentissage de l’histoire, par exemple, les récits dystopiques ou uchroniques donnent l’occasion de travailler les temporalités qu’ils mobilisent et de laisser une place à une «histoire des possibles» (p. 4). En Arts, les films de SF et les genres de musiques très différents qui les accompagnent ouvrent un champ large d’expérimentation (p. 6).

Plus avant, la SF offre de nombreuses «expériences de pensée», en invitant à «faire un pas de côté»: «en nous projetant ailleurs et demain, (elle) nous permet de porter un regard neuf sur le monde d’aujourd’hui et maintenant» (p. 7), regard d’une utilité évidente en littérature: stimulé, l’imaginaire ne peut que se développer, et avec lui le plaisir de lire et d’écrire (p. 8). La force de la SF, «très présente sur la scène culturelle actuelle», est qu’elle plaît aux enfants et aux jeunes. Une enquête menée auprès de cinq-cents élèves genevois montre en effet que trois quarts d’entre eux disent l’aimer et qu’un gros tiers en lit, en l’occurrence davantage les garçons pourtant considérés comme plus faibles lecteurs que les filles (p. 10). De l’avis des interviewé-e-s, la SF pourrait être intégrée en géographie, en physique, en philosophie, en psychologie, en sociologie et même en économie... Quelle source d’inspiration et de motivation! À la Maison d’Ailleurs (Yverdon), seul musée européen dédié à la science-fiction, on s’attache justement à «étudier l’imaginaire science-fictionnel afin de montrer comment celui-ci permet d’activer une lecture critique du monde dans lequel nous vivons» (p. 13).

Des entretiens avec des auteur-e-s de SF et le décryptage de quelques romans closent ce dossier pour réveiller l’envie: inviter la SF en classe.

Bonne lecture.

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