Service minimum pour le personnel

Conformément à la législation cantonale, le Conseil d’ État a présenté au Grand Conseil un budget 2107 équilibré qui prévoit un excédent de produits de 475’000 francs. Malgré quelques avancées pour le personnel, rien de bien nouveau pour un canton milliardaire qui peine à proposer une véritable vision d’avenir.

Dans sa session de novembre, le Grand Conseil a adopté le budget 2017. En cette fin de législature et de période électorale, c’est la continuité et le pragmatiste qui ont prévalu. Pas de folies, pas de décisions qui pourraient fâcher et, surtout, pas de grandes visions d’avenir qui permettraient à notre canton d’avoir de l’audace ou de satisfaire à de nombreux besoins.

Dans son bilan de législature 2012– 2016 que nous pouvions télécharger, le Conseil d’État s’est félicité «de son engagement permanent à trouver les moyens de répondre aux besoins d’une population fribourgeoise en nette croissance»*. Il «estime avoir répondu en grande partie aux défis qu’il s’était fixés et est surtout fier d’être parvenu à maintenir l’équilibre des finances cantonales, au prix, parfois, de sacrifices nécessaires». Enfin, le Gouvernement ne manque pas de «remercier l’ensemble des collaboratrices et collaborateurs de l’État de Fribourg qui n’ont jamais relâché leurs efforts pour mener à bien leurs tâches». Et après?

Pour le personnel

Le budget 2017 prévoit, outre la fin des mesures d’économies, une revalorisation salariale de 0,4% (à confirmer), la création de 89,5 EPT** (dont 20,5 pour le primaire) et l’intégration de 126 EPT dans les effectifs de l’État. Nous restons évidemment sur notre faim quant à l’augmentation de salaire prévue. La FEDE*** avait déposé une revendication raisonnable de 0,8% et le 0,4% proposé par le Gouvernement est jugé insuffisant. Or, compte tenu des décisions relatives à la création et à la régularisation de nombreux postes, les délégués de la FEDE ont décidé, lors d’un comité élargi, d’accepter cette offre. L’assemblée a en outre demandé au Conseil d’État d’affecter une partie du bénéfice 2016 au personnel, de continuer à revaloriser nos salaires au-delà de 2017 et de créer les postes nécessaires au bon fonctionnement d’un service public de qualité.

Et des postes, il en faudra encore dans l’enseignement, en particulier dans l’enseignement spécialisé. Une visite dans un établissement pour présenter la SPFF m’a laissé plus que songeur: pas de logopédiste à disposition, pas d’appui disponible pour les élèves allophones qui sont arrivés et suppression d’un appui DICS, car situation plus urgente à prendre en charge… Excusez du peu…

Quel avenir?

C’est chaque année le même refrain: la situation est difficile et l’avenir des finances cantonales est en équilibre très instable. Cependant, malgré la crise économique de la fin des années 2000 qui avait laissé présager des années compliquées, malgré l’abandon du taux plancher par la Banque nationale suisse en 2015 qui avait fait craindre une forte érosion des résultats des entreprises, notre économie a bien résisté et a pu maintenir ses activités sans enregistrer de réelle diminution des rentrées.

Et c’est dans ce contexte que le Conseil d’État a mis en consultation une révision de l’imposition des entreprises (RIE III) qui engendrera un manque à gagner de près de 40 millions pour le canton. Des nouvelles mesures en vue? Et au final, toujours pas de vraie vision pour l’utilisation de notre fortune, si ne n’est de la garder comme un trésor de guerre.

* Citations tirées du message de la Chancellerie reçu par educanet le 12 octobre.

** Équivalent plein temp.

*** Fédération des Associations du personnel du service public du canton de Fribourg

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