Sérénité et attractivité

L’année qui démarre sera aussi secouée qu’elle débute calmement. Une rentrée neutre et effacée, sans anicroche ni gros titres, malgré une pénurie menaçante et de très nombreux points d’interrogation. Le Plan d’études romand (PER), c’est pour l’an prochain, l’entrée en vigueur de l’accord sur la pédagogie spécialisée aussi. S’ensuivront l’introduction de l’anglais et la mise en oeuvre de la Convention scolaire romande. D’autres dossiers ne tarderont pas à sortir du bois, le concept des standards est de ceux-là. Bonne année, qu’on ne peut que se souhaiter aussi sereine qu’elle a commencé.

 

Si les menaces de pénurie ont largement agité les esprits et les médias au printemps, surtout en Suisse alémanique, le spectre de manquer d’enseignants ne paraît plus du tout dérangeant au moment de la rentrée des classes. C’est que les Départements ont pris leurs précautions. En opérant des réengagements ou des formations accélérées que les syndicats redoutent à juste titre. Mais si le bricolage peut passer inaperçu rentrée après rentrée, il n’en va pas de même à long terme, et nous n’avons aucun intérêt à cautionner la construction d’une bombe à retardement. Au-delà des contraintes de départs massifs à la retraite, c’est le manque d’attractivité du métier qui va poser problème ces prochaines années. L’attractivité, du latin attrahere , tirer à soi, suppose un potentiel de séduction, une   image de sérénité et de plénitude, toutes choses que l’on n’associe pas forcément à notre profession faite de course au temps, d’insatisfaction galopante et de frustrations répétées. C’est là que la remise en cause et les bouleversements ont du bon pour réfléchir un peu et se débarrasser des habitudes mortifères et des pratiques traditionnelles et bien pensantes. L’année qui vient pourrait nous en donner de belles occasions. Programmes (PER) et moyens d’enseignement nouveaux, tout doit se mettre en place pour la rentrée prochaine. Nouvelle gestion des élèves en difficulté, très diverse selon les cantons, avec la perspective d’une école plus intégrative (plus inclusive, comme on dit). Efforts toujours plus nombreux d’aide aux élèves dans et hors de l’école, avec des mesures parascolaires, des horaires à journée continue, la recherche de standards et d’objectifs prioritaires. Au niveau des séismes politico-administratifs, on risque d’être gâté. La vraie question est «Comment les établissements vont-ils gérer tout ça?» A propos, c’est le dernier moment pour s’inscrire aux Assises.

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