Premier à tout prix?

Le rapport 2016 du World Economic Forum place la Suisse en tête de la liste qualitative des systèmes d’enseignement. Les professionnels que nous sommes peuvent en être fiers! Et pourtant, des inquiétudes demeurent.

«Sur la base des taux de départs en fonction de l’ancienneté, on peut estimer que quelque 49% des nouveaux enseignants pourraient quitter temporairement ou définitivement l’enseignement dans les cinq ans suivant leur engagement.» Pourquoi ces jeunes collègues quittent-ils l’enseignement? Est-ce dû à leur formation? Ou aux contraintes de plus en plus importantes de notre métier? Le SER a déjà dénoncé les problèmes de la formation qui contribuent à l’épuisement professionnel. Il est nécessaire aujourd’hui que l’organisation du travail scolaire soit basée sur les besoins pédagogiques, et non plus sur les attentes administratives. Il ne faut pas oublier que dans leur classe, les enseignants fournissent un travail exceptionnel. Il s’agit donc de ne pas les noyer sous des tâches administratives; de prêter attention à l’implication chronophage et énergivore de la prise en compte légitime des élèves à besoins particuliers; d’éviter la multiplication des consignes, des directives et des entraves administratives. Les difficultés grandissantes ont longtemps été absorbées, en plus de leur pensum, par les collègues. La multiplication des problèmes fait que beaucoup sont à bout de souffle. Les potentielles victimes de la dégradation de la santé des enseignants sont évidemment les élèves et leurs apprentissages. Les autorités doivent reconnaître les enseignants comme les membres d’un corps professionnel responsable, capables d’assumer leur difficile mandat avec un minimum de directives, dans une autonomie motivante, et leur donner les conditions de travail nécessaires à l’accomplissement correct de leurs tâches sans que cela porte atteinte à leur santé.

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