Pour une Genève terre d’accueil

Les renvois de réfugiés dans le pays où ils ont déposé leur demande d’asile se multiplient en Suisse. Certaines situations sont dénoncées dans la presse par diverses organisations défendant les droits humains fondamentaux, dont ceux des enfants. Quel rôle peut jouer la SPG dans ces cas difficiles?

La SPG doit contribuer à une Suisse et une Genève plus humaines dans le traitement de ces situations. Récemment à Genève, une famille a été embarquée par les autorités à son arrivée à l’office cantonal de la population où elle se rendait pour des démarches de régularisation. Une partie de cette famille a été renvoyée sans rien, dans un pays où ces personnes n’ont aucune connaissance de la langue locale, ni soutien pour poursuivre les démarches pour leur regroupement familial. Ces gens, fragilisés par la situation terrible vécue chez eux, se voient séparés de leurs proches et plongés dans une situation inextricable pour leur avenir. Les accords de Dublin exigent des États que les réfugiés soient renvoyés dans le pays où ils ont déposé leur demande d’asile. La Suisse applique ces accords de façon rigide, jouant les bons élèves en comparaison internationale. Cela donne lieu à des exécutions de renvois inhumaines, où les droits vitaux des personnes et particulièrement des enfants ne sont pas respectés: enfants placés en foyer parce que les parents sont mis en détention pour opposition à leur renvoi, mères renvoyées avec des nouveau-nés alors que les pères sont autorisés à rester en Suisse, famille avec enfants scolarisés renvoyée en pleine année scolaire. Il y a quelques années, une situation avait été dénoncée par Le Courrier, relayée par l’Educateur, où les enfants avaient été mis dans un avion avec leur famille peu avant la fête de fin d’année scolaire. Exemples dont la liste n’est malheureusement pas exhaustive.

En 2010, la SPG avait pris position pour la famille Selimi menacée de renvoi alors qu’elle était intégrée depuis des années à Genève, des enfants nés et scolarisés à Genève. Pour eux, l’issue a été heureuse. Preuve s’il en est que d’autres solutions existent. Ce d’autant plus que les accords de Dublin prévoient une marge de manœuvre pour raisons humanitaires et de compassion, notamment pour favoriser le regroupement familial. Devant des situations qui concernent certains de nos élèves et leurs familles, la SPG ne peut rester les bras croisés et doit joindre sa voix aux organisations qui tentent de faire évoluer la position de nos autorités en la matière. L’école genevoise est très intégrative, ce dont nous pouvons légitimement être fiers.

Les enseignants déploient une énergie folle pour accueillir les élèves allophones et leur famille que les aléas de la vie ont conduits à s’installer chez nous. Il est donc logique que la SPG s’implique, non seulement pour que nos autorités montrent plus de compassion vis-à-vis de ces drames humains, mais également pour que les efforts en vue d’une meilleure intégration de ces personnes dans notre société ne soient pas réduits à néant par des ruptures abruptes de renvois drastiques. Le comité a donc décidé de participer à un collectif d’organisations qui se mobilise autour d’un appel à nos autorités. Une conférence de presse est prévue en décembre.

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