PATatras!

La conseillère d’État a donné quelques chiffres de son département durant sa rituelle conférence de rentrée. Ces derniers démontrent une certaine stabilité: le taux d’encadrement et l’effectif moyen sur le canton ne bougent pas. Tant mieux? Oui, mais il faut aussi lire entre les lignes!

 

Premier constat, les postes ont été engagés pour faire face à la démographie. Chacun des 555 élèves supplémentaires de la rentrée 2017 a un enseignant face à lui. Ouf! 139 généralistes et maitres spécialistes ont été recrutés et un grand nombre d’engagements est prévu pour la rentrée 2018, parce que les élèves vont continuer d’affluer et que bien des enseignants vont prendre leur retraite, anticipée ou non.

Les projets liés à l’école inclusive progressent. Les équipes pluridisciplinaires et le DIAMs essaiment, concernant toujours plus d’écoles. Un nouveau Dispositif inclusif d’enseignement spécialisé (DIES) démarre. La SPG a dénoncé le manque d’anticipation de l’organisation du DIES, générant du stress dans les équipes concernées. Cela a été rappelé à la conseillère d’État lors de cette rencontre de rentrée. Une autre manière de mettre en action ces projets pourrait voir le jour, permettant à tous de se préparer à ces changements de fonctionnement et d’organisation importants. Tout n’est pas encore dit concernant l’école inclusive à Genève. Le manque de moyens quasi chronique ne permet pas d’avancer aussi vite que voulu. Trop de collègues doivent encore faire face à des situations de classes compliquées, avec très peu d’aide.

Un des problèmes que la conseillère d’État dit du bout des lèvres, c’est le manque de personnel administratif et technique (PAT). Par exemple, les infirmières; en trop petit nombre, elles ne peuvent plus faire complètement le travail de prévention de la santé auprès de tous les élèves et de leur famille. C’est dommageable surtout pour les familles précarisées, qui limitent les visites médicales parce qu’elles coûtent. L’appui aux enseignants dans le dialogue avec les familles pour les questions de santé est en train de prendre l’eau. Finalement, ce sont les élèves qui paient et les infirmières qui s’épuisent. Autre exemple, les secrétaires d’établissement. Elles sont submergées et risquent également l’épuisement professionnel. De plus, tout ce qu’elles n’ont pas le temps de faire est pris en charge par les enseignants, ce qui alourdit leur charge de travail administratif. Augmenter les postes de secrétaire est une piste pour soulager le travail des enseignants, dont le SER vient de dénoncer les mauvaises conditions.

La conseillère d’État ne dit rien sur les budgets pour le matériel scolaire. Les sommes allouées à ce domaine restent inchangées, alors que le nombre d’élèves a fortement augmenté (1500 élèves en plus depuis 2010). Or, un élève de plus, c’est plus de photocopies, a fortiori lorsque les moyens d’enseignement sont en ligne et que les enseignants doivent faire le nombre de copies nécessaires à leur enseignement. Les collègues compensent, se débrouillent pour que les élèves apprennent dans des conditions correctes. Mais le bricolage a ses limites! En résumé, on peut dire que les conditions de cette rentrée sont stables: tout va bien, sauf qu’il manque toujours des postes, pour l’enseignement primaire en particulier! 

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