MITIC vaudois 2.4.1

Lors de la rentrée scolaire, plusieurs responsables de l’instruction publique et de la formation ont donné une nouvelle impulsion à l’informatique dans l’école. Dans un monde où le numérique prend une place (trop?) prépondérante, les lignes suivantes proposent une modeste réflexion pour le canton de Vaud.

 

Cesla Amarelle, la nouvelle cheffe du Département de la formation, de la jeunesse et de la culture, a annoncé lors de sa conférence de presse la mise en oeuvre de plusieurs projets qui tiennent à coeur à la SPV. Cette dernière a notamment salué les projets de mesures socio-éducatives et les aménagements pour la constitution des classes du secondaire 1, voie générale.

Le troisième axe développé par la conseillère d’État est celui de l’ère du numérique. «Afin de répondre au développement constant des outils informatiques et des réseaux, la DGEO prévoit la mise sur pied d’une journée cantonale sur les développements du numérique dans l’enseignement vaudois. (…) Cette initiative s’inscrit dans le cadre des mesures engagées par la cheffe du DFJC visant a  favoriser et encourager le développement par les établissements de projets pédagogiques, notamment transdisciplinaires, dans le domaine du numérique et poursuivant une visée tant humaniste que technologique, fondée sur le sens critique et l’utilisation raisonnée des outils numériques1.» Aujourd’hui, dire que l’école vaudoise n’est pas à la pointe du numérique n’est certainement pas un abus de langage. Le bond en avant doit effectivement être fait et il faudra bien retomber sur ses pieds. Car l’enjeu est considérable et les questionnements sont nombreux. Notamment, sommes-nous face à une révolution ou une évolution numérique? Comment fait-on pour accompagner les élèves, les enseignant-e-s lorsque la société se modifie?

Il est manifeste que lors de ce saut, il y aura des opportunités et des risques. L’approche départementale semble bel et bien être orientée «opportunité». Le développement de l’informatique au sens large dans l’école sera un véritable défi. D’un autre côté, la volonté de mettre l’humain au centre et l’individu au coeur de l’action est perceptible. Il faudra donc faire rencontrer et cohabiter avec bienveillance une école humaniste et une école numérique dans le canton de Vaud. Un magnifique défi avec obligation de réussite.

Chacun peut imaginer les risques d’un échec de cette cohabitation. Dans l’immédiat, on peut agir afin de les réduire. Un exemple, ne pas laisser les enseignant- e-s isolé-e-s face aux objectifs du Plan d’études romand relatifs aux Médias, Images, Technologies de l’Information et de la Communication (MITIC) ou avec l’introduction des carnets de suivi MITIC. Une proposition immédiate et raisonnable: la Haute école pédagogique vaudoise a d’ores et déjà formé de nombreux PRESSMITIC, des enseignant-e-s personnes ressources pour accompagner leurs collègues dans des projets informatiques. Ils n’attendent que des périodes dédiées à cet accompagnement afin de faire naître de nouveaux projets dans les établissements.

Pour conclure, face au projet global de formation, c’est bien d’une révolution dont l’école a besoin, axée sur le développement de la créativité humaine et la confiance en soi de l’élève. 

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