Mauvais signes!

L’analyse de fonctionnement menée au Service de l’enseignement (SEN) laissait présager de changements d’attitudes fondamentaux dans les relations avec les enseignants et le syndicat qui les représente (plus de 80% des enseignants sont syndiqués au SEJ). Plusieurs mauvais signes nous font déchanter depuis. Dans l’analyse de fonctionnement, on signalait l’omniprésence du SEJ, considérée comme une «menace » pour le fonctionnement du SEN. En fait, et c’était une évidence, ce sont bien les dix-huit autres dysfonctionnements constatés qui faisaient que le SEJ était exagérément sollicité par ses membres et devait intervenir en leur nom, ne serait- ce parfois que pour obtenir des renseignements.

Comme dit précédemment, le SEJ représente environ 80% des enseignants de l’école obligatoire, 60% dans le post-obligatoire, ce qui fait au total un taux de syndicalisation au SEJ de 75%. Ignorer ce partenaire est naturellement inacceptable pour les responsables du syndicat. Pourtant, cette tendance s’amplifie depuis quelques mois.

Quelques mauvais signes. De 2005 à 2015, le Comité central du SEJ était invité par le Département de la Formation de la Culture et des Sports (DFCS) à échanger sur les dossiers importants touchant la formation et l’enseignement trois à quatre fois par année. En 2016, une seule rencontre de ce type aura eu lieu.

Le Comité central du SEJ a systématiquement un point à son ordre du jour s’intitulant «Consultations». C’était l’occasion de débattre de réponses à apporter à des demandes des services ou du DFCS directement sur des objets en préparation. En 2014, lors des dix séances du Comité central, la discussion a été ouverte à neuf reprises sur ce point, car il y avait des objets à traiter. En 2015, le point fut traité à quatre reprises, également sur dix séances. En 2016, lors des neuf premières séances de l’année, une seule fois le Comité central a dû débattre d’une consultation. Pourtant, l’enseignement et la formation sont en plein remaniement. Le DFCS fait office d’agence intérimaire dans le canton: chef-fe-s de services intérimaires au SEN, au CEJEF (enseignement du secondaire II) et au SFO (Service de la formation). Réalité qui se retrouve dans des sections de ces services.

Cette absence de dialogue surprend, car tant la loi sur le personnel (articles 96 et suivants) que l’ordonnance scolaire (article 208) imposent cette consultation du partenaire social qu’est le SEJ. Le Comité central ne cesse de le rappeler.

Malheureusement, ce manifeste mépris se traduit par des écrits innombrables du SEJ. Des démarches qui ne conviennent ni au syndicat ni aux destinataires, mais qui sont devenues incontournables en raison des plaintes de trop nombreux membres du SEJ quant au traitement qui leur est accordé par les autorités.

Quelques exemples. Des montants sont retirés sans préavis et sans explications sur des salaires. Pourtant, un engagement avait été pris par le SEN, lors d’une rencontre avec le DFCS en 2015, qu’une annonce préalable serait systématiquement envoyée. Des contrats multiples sont faits pour les enseignants alors qu’ils n’ont qu’un seul employeur: l’État. Avec des conséquences surréalistes par l’établissement de contrats à durée indéterminée garantissant un taux d’occupation de 10%, pouvant varier de plus ou moins 10%! Pour précariser les emplois, on ne peut pas faire mieux. La place nous manque pour tout citer. Le Comité central du SEJ attend avec impatience que d’autres signes lui soit envoyés par le DFCS, qui connaît la liste des problèmes, afin de ramener un peu de sérénité dans les relations entre partenaires sociaux, dans l’intérêt bien compris de la formation dans le Jura.

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