Médiation: le canton rate le coche

Le Comité central du SEFB estime bien dommage que le Parlement refuse de créer un ou des organes de conciliation pour régler les conflits au sein de l’école, entre direction et enseignants. 

Dans une récente motion déposée au Parlement, un groupe de députés interpartis (verts, évangéliques, socialistes, bourgeois démocrates et verts libéraux) demandait que soit mises sur pied des instances de conciliation permettant de régler les conflits entre directions d’écoles et membres du corps enseignant, sans que ces derniers ne s’exposent à des risques de représailles.

Objectifs menacés

Dans leur développement, les motionnaires estimaient que les «nobles objectifs de la Stratégie de la formation 2016», exprimés à travers le fameux dialogue pédagogique, sont clairement menacés si des conflits entre directions d’école et membres du corps enseignant ne sont pas résolus à temps et à l’amiable. Or, sur la base de témoignages et autres expériences récoltées à la source, les auteurs affirment que de tels conflits s’enveniment ou prennent de l’ampleur malgré les prestations de conseils offertes actuellement, lesquelles ne sont pas adaptées à de telles situations. Expert, organe de conciliation interne à l’administration ou même nouvelles compétences données à un organe existant: les motionnaires proposaient diverses solutions, assorties d’un impératif incontournable, à savoir qu’elles ne puissent donner lieu à une accusation de rupture de la voie hiérarchique ou de manquement de loyauté à l’égard des supérieurs. Car c’est bien ce qu’il se passe actuellement, les conflits pouvant dès lors aboutir à des tensions durables, voire des mesures de représailles susceptibles de diminuer sensiblement la qualité non seulement de l’ambiance, mais surtout de l’enseignement dispensé.

Balayée

Le Gouvernement proposait d’adopter la motion pour deux tiers sous la forme non contraignante du postulat et de la classer pour le tiers restant. Il estime dans sa réponse que les prestations de conseil et de soutien sont suffisantes dans le canton, et que seule est à mettre en cause une lacune dans l’information à ce sujet; lacune qu’il juge d’ailleurs avoir comblée en février dernier par une liste publiée sur internet. Le Parlement, pour sa part, a carrément rejeté tout le texte.

Dommage…

Le Comité central du SEFB regrette beaucoup que les motionnaires n’aient pas été entendus. Il souligne que si les instances compétentes et efficaces ne manquent pas dans le canton pour aider les enseignants en difficulté, une interface en cas de conflit fait par contre complètement défaut. Il ne suffit pas d’entendre les problèmes personnels, encore faut-il s’efforcer de résoudre chaque conflit avant qu’il ne puisse exercer ses effets pervers sur un établissement.  

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