Les bienfaits des équipes pluridisciplinaires

L’année dernière, la conseillère d’État en faisait un projet phare du département, une année après, quel bilan tirer des équipes pluridisciplinaires? Les collègues concernés sont plutôt positifs, les points noirs relèvent des réglages normaux d’une expérience pédagogique qui se met en place.

Pour rappel, ce projet pilote est une concrétisation possible de «l’école inclusive». Il vise à donner aux établissements qui en ont besoin des regards et des compétences d’autres professionnels pour encadrer des élèves à besoins spécifiques et les maintenir dans l’école régulière. Ainsi, des postes de psychologues, logopédistes, enseignant- e-s spécialisé-e-s et éducateurs ont été attribués dans les écoles afin de soutenir l’action ordinaire de l’équipe en place. Trois établissements sont concernés, à savoir Lully, Luchepelet et Robert Hainard à Bernex, Champs-Fréchets et Cointrin à Meyrin et Cité-Jonction et Plantapporêts en ville de Genève. Cette aide apportée directement à l’enseignant dans sa classe est évidemment un soulagement pour gérer des situations lourdes à porter. Selon un premier bilan qui reste à consolider, ce dispositif permet aux enseignants d’ajuster la réflexion au contexte local, de simplifier la communication entre le monde scolaire et les spécialistes de l’intervention; les enseignants se sentent soutenus dans l’accueil des élèves en difficulté. Cette liste n’est sans doute pas exhaustive. Les spécialistes de l’intervention apprécient également cette manière de travailler pour les raisons suivantes: implication plus concrète des élèves concernés, observation plus forte de l’élève en contexte différent de celui des consultations thérapeutiques, amenant une meilleure compréhension mutuelle entre enseignants et spécialistes de l’intervention, reconnaissance des difficultés éprouvées par les élèves différents, identification précoce des besoins spécifiques et meilleure compréhension des métiers et des actions des uns et des autres. D’une manière générale, les équipes font part d’une meilleure collaboration entre les enseignants et les collaborateurs de l’Office médico-pédagogique, d’une meilleure coordination de l’enseignement et des thérapies, d’une considération différente parce que des collaborations et une compréhension du contexte de l’autre ont pu se développer. Le Service de la recherche en éducation a également été impliqué dès le début du projet pour récolter des données sans attendre le plein rendement de la phase pilote. Un premier rapport pourrait donc être bientôt à disposition. La SPG l’a toujours dit, il est indispensable de décloisonner ordinaire et spécialisé, tout le monde y trouve son compte. Cependant, il ne faut pas le faire n’importe comment. Il est essentiel de maintenir les apports des uns et des autres, en respectant les champs de compétences de chaque professionnel intervenant; mais le faire sur le terrain de l’école pour que les élèves en bénéficient pleinement! À quand l’extension du projet à d’autres écoles? Bien des collègues sont en souffrance, parce qu’ils doivent gérer des situations intenables, il est grand temps de leur offrir de vraies solutions, l’équipe pluridisciplinaire en est une. Pas cette année, mais la SPG demandera que cela se fasse sans délai, mais pas sans réflexion, car cela serait contreproductif.

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