Les armes de la démocratie

Manifestations et grèves font partie de l’arsenal traditionnel des syndicats et des associations professionnelles. Si propositions, concertations, informations et communications sont aussi à utiliser et à améliorer, il est une arme dont il va falloir peut-être apprendre à se servir: le vote populaire. Avec une initiative, même si vous êtes sûr qu’elle a peu de chance d’être acceptée, vous faites bouger les choses. C’est ce qui s’est passé à Zurich.

Lors des votations du 30 novembre dernier, les électeurs zurichois avaient à se prononcer sur une initiative, émanant du Parti évangélique et soutenue par les associations d’enseignants et par le PS, demandant de limiter à vingt le nombre d’élèves par classe, à défaut de quoi ladite classe devait bénéficier de deux postes d’enseignants. Devant la perspective de devoir débourser entre 90 et 120 millions de francs en cas d’acceptation de l’initiative, le Grand Conseil s’est fendu d’un contre-projet visant à la création de cent postes d’enseignants supplémentaires. L’initiative a été rejetée et le contre-projet accepté à 53%.

Jean-Marc Haller, Didier Jacquier et le soussigné, interrogés par la RTS, n’ont pas exclu d’utiliser à l’avenir de telles armes pour faire progresser l’idée que l’école ne peut plus faire face à ses défis en subissant des mesures réputées indolores qui la mettent à mal. Le score recueilli par le référendum valaisan est prometteur, les Neuchâtelois ont su se mobiliser dans la rue, Genève multiplie les grèves, des menaces d’arrêt de travail sont proférées à Neuchâtel, le malaise dans l’école monte en puissance en Romandie. La compréhension grandit dans la population des dégâts présents et à venir infligés à l’espace éducatif.

Les organisations professionnelles mettent tout en œuvre pour communiquer, sensibiliser, argumenter, faire prendre conscience, mais parfois sans grand résultat. Si l’on constate maintenant qu’il est beaucoup plus efficace de lancer une initiative un peu outrancière pour amener à la réflexion et obtenir un contre-projet, il faudra qu’on s’y mette. C’est une façon de tirer les marrons du feu démocratique, même si ça ressemble à la pyromanie de l’UDC.

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