Le syndicat, c’est nous… tous!

Au lendemain d’une négociation très délicate et à la veille de la session du budget au Grand Conseil, je tente une première analyse. Évidemment, j’aimerais me réjouir d’avoir arraché des concessions significatives, mais la mise en place de la nouvelle grille salariale me reste en travers de la gorge!

L’ampleur de l’intense mobilisation de cet automne a frappé tout le monde. Personne n’imaginait que plus du quart des enseignants se mettrait en grève — pour la plupart à plusieurs reprises — pour défendre la dignité du métier, l’avenir de la relève et la qualité de notre école, menacés par le projet de nouvelle grille de progression salariale.

Dans de nombreux collèges, les enseignants ont pris des initiatives pour informer les familles et, plus généralement, la population. Habituellement si complaisante pour le gouvernement, la presse écrite cantonale a fini par présenter aussi les valeurs défendues par les grévistes; des courriers de lecteurs ont également joué un rôle positif. Parmi les médias audiovisuels régionaux, RTN a réalisé un excellent travail. Tout cela a annihilé le procédé habituel des pourfendeurs d’enseignants qui résument la profession à la durée des vacances des élèves!

Bien sûr, ce n’est pas la fête pour autant. Le but principal du mouvement n’a pas été atteint et j’en suis d’autant plus triste que les jeunes enseignants se sont enfin mobilisés cet automne, rejoignant en masse les syndicats. Si je partage leur déception, je leur demande aussi de la compréhension.

Le syndicat n’est pas un produit. On n’y achète pas une prestation — quelle qu’elle soit — au moyen d’une cotisation. Le syndicat, c’est d’abord une collection de valeurs que l’on veut promouvoir et vers lesquelles on veut faire évoluer la société. Je suis fier des syndicats d’enseignants neuchâtelois.

Je suis fier du SAEN. Je suis fier du SER qui a agi aussitôt pour permettre la vaste mobilisation des enseignants neuchâtelois.

L’aventure a été tout à la fois magnifique, écœurante parfois, chaleureuse souvent; elle a permis de mettre en pratique nos valeurs: la coopération, la solidarité et le respect.

La part de chacun

Certains se sont sentis trahis par les syndicats. Ils ont tort. Les négociations ont été extrêmement délicates et compliquées. Sans fanfaronner, il ne fait guère de doute que jamais le gouvernement n’avait imaginé prendre autant d’engagements, ni ceux qui entreront en vigueur dès la prochaine année scolaire, ni d’ouvrir la négociation aux suivants dans la foulée de l’évaluation des fonctions.

Notre syndicat ne vaut que par ce que chacun de ses membres lui apporte. Tout le monde l’aura sans doute compris, le repos sera de courte durée. Une période d’intense activité s’annonce. Ce sera sans doute moins visible sauf s’il faut rappeler l’autorité à ses engagements. Cela mobilisera évidemment tous nos organes, à commencer par le Comité cantonal… qui a déjà beaucoup donné.

Je lance donc ici un appel pressant à toutes les bonnes volontés. Il y a de multiples moyens d’être utile: en participant à une ou deux séances d’un groupe de travail interne (épuisement professionnel ou intégration, par exemple), en représentant le syndicat dans un groupe de travail du Service de l’enseignement obligatoire ou du Département de l’éducation et de la famille, en rejoignant l’équipe du comité cantonal pour mieux partager l’effort.

Quelle que soit la forme d’engagement qui vous convienne, merci d’avance de prendre contact avec moi!

Belles vacances d’hiver, belles fêtes et bonne année!

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