Le préfixe «dys» envahit l’école!

Dyslexie, dysorthographie, dyscalculie…: depuis quelques années nous assistons, en tant que professionnels de l’éducation, à une véritable explosion des troubles de l’apprentissage, ainsi qu’à une médicalisation de l’échec scolaire. Si nous pouvons difficilement nous positionner sur les causes, les conséquences, elles, sont manifestes et commencent à peser sur les enseignants.

Lors de la dernière AG de l’AVECO, les membres du comité ainsi que de nombreux membres signalaient, avec insistance, les difficultés rencontrées par les enseignants face à une surmédicalisation et à la démultiplication des cas d’élèves présentant des troubles de l’apprentissage. On nous annonçait, il n’y a pas si longtemps, qu’il fallait se faire à la raison que nous allions rencontrer au moins un cas de dyslexique dans nos classes. Or, il faut être réaliste, ce chiffre est largement dépassé. Il n’est pas rare de rencontrer trois, voire quatre cas d’élèves diagnostiqués comme tels. Certains établissements, avec des effectifs élevés, se retrouvent avec plus de 10% d’élèves manifestant un trouble de l’apprentissage. Les professionnels de l’éducation, présents dans les classes, confrontés à cette problématique, se sentent complètement désemparés. Nous ne parlons pas ici de devoir adapter de temps en temps l’un ou l’autre document, mais d’une une situation qui se répète lors de chaque période de cours. Nous sommes souvent pris au piège entre cette nécessité d’adaptation et le manque de ressources mises à notre disposition. Ajoutez à cela les élèves qui ne demandent pas seulement des mesures de compensation des désavantages, mais qui présentent des difficultés d’apprentissage et de comportement parfois sévères et voilà une recette idéale pour décourager certains.

Si les autorités veulent se montrer rassurantes, force est de constater que, pour le moment, les propos tenus ne rassurent absolument personne. Les rapports logopédiques continuent à s’amonceler et de nombreux élèves sont en attente d’une décision quant aux mesures qui pourraient leur être attribuées. Les enseignants se pressent d’annoncer lors des premiers guichets uniques les cas qui leur semblent nécessiter une prise en charge, espérant ainsi que des décisions seront prises avant le printemps prochain… pire, certains se questionnent sur l’utilité de ce guichet unique, qui ne résout pas la problématique. Des adaptations sont encore nécessaires. Espérons simplement, pour le bien de ces élèves, qu’elles ne tardent pas trop.

Les ressources humaines présentes et mises à disposition de l’école valaisanne ne permettent pas d’encadrer les nombreux cas qui apparaissent. Si, comme on nous l’affirme, les comptes ne permettent que difficilement d’engager du monde et qu’il n’y a pas de logopédistes disponibles sur toute la Francophonie, il faudra trouver une solution autre.

Il est d’autant plus regrettable de constater que face à cette croissance exponentielle d’élèves nécessitant des adaptations, presque rien ne se fait en ce qui concerne les nouveaux moyens, alors que des recommandations ont été formulées par les représentants des associations romandes. Le tableau dépeint ici n’est certes pas très élogieux. Les différents chefs d’office et de service se sont engagés à apporter des améliorations. Même si le temps est, dans ces situations, un luxe que l’on ne peut que difficilement se payer, gageons que des solutions seront trouvées.

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