Le parent pauvre des sciences humaines et sociales

Absolument. Au Conseil d’État. Le choix de la liberté. Osons la différence. Rassembler, agir. Un autre style! Si ces slogans ne vous évoquent rien, c’est que vous n’avez pas sillonné le Valais récemment…

La campagne pour les élections cantonales est maintenant achevée: ce feuilleton à rebondissements a trouvé son épilogue le 19 mars dernier avec la désignation des cinq conseillers d’État. Nombre d’enseignants ont sans doute profité de cette actualité pour présenter le fonctionnement de nos institutions et aborder ainsi la citoyenneté dans le cadre du cours d’histoire. 

En ce qui concerne l’Éducation à la citoyenneté, le Plan d’études romand est ambitieux:

«Organisée autour de trois pôles en interaction1, l’Éducation à la citoyenneté est prise en charge de manière plus spécifique par la Formation générale et par le domaine SHS. Dans l’axe Relation Homme-société du domaine SHS, l’enseignement de la citoyenneté se focalise prioritairement, mais pas exclusivement, sur le pôle Citoyenneté et Institutions. Il aborde notamment les notions d’État, de droit, de démocratie, les grandes caractéristiques du système politique suisse, les principales institutions internationales. Il exerce aussi l’élève au débat et à l’analyse de questions socialement vives (enjeux sociaux actuels en débat). La spécificité du fonctionnement de la démocratie en Suisse, sur les plans tant communal que cantonal et fédéral, fait que le peuple est très fréquemment sollicité (votations, élections, initiatives populaires, référendums, pétitions). Ce contexte favorise un apprentissage de ces connaissances en lien avec l’actualité.»2

Or, à l’heure actuelle, l’éducation à la citoyenneté est le parent pauvre du domaine des sciences humaines et sociales. En géographie, en histoire, en éthique et cultures religieuses, les enseignants disposent d’indications pour la progression des apprentissages et de moyens d’enseignement; par conséquent, il est aisé de savoir quelles sont les connaissances et les compétences acquises par les élèves dans les degrés précédents. En outre, il y a des supports officiels de qualité facilitant la préparation des différentes séquences. En revanche, pour l’éducation à la citoyenneté, rien de cela n’existe. Dès lors, comment peut-on s’assurer de l’acquisition de toutes les attentes fondamentales à la fin du cycle? Comment les différents collègues concernés s’organisent-ils au sein de leur établissement scolaire? Des synergies entre les cycles d’orientation sont-elles envisageables?

Il ne s’agit nullement ici de jeter la pierre à qui que ce soit, mais simplement de susciter une réflexion afin de ne pas délaisser la citoyenneté... 

 

 
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