Le PER en péril?

Les cantons membres de la CIIP ont adopté la Convention scolaire romande en 2007, puis le Plan d’études romand (PER), élément déterminant de l’Espace romand de la formation, qui laisse une certaine marge pour les spécificités cantonales. De même, les directrices et directeurs cantonaux de la CIIP ont unanimement adopté, le 22 novembre 2018, un plan d'action en faveur de l'éducation numérique. Et pourtant, chaque canton semble avancer de son côté. 

Quatre leçons d’informatique seront mises à la grille horaire pour les élèves de la partie francophone du canton de Berne. À Genève, le Département de l'instruction publique entame des travaux visant à développer la présence du numérique à l’école dans deux directions: former par le numérique, en introduisant des outils numériques, et former au numérique, en enseignant à utiliser, comprendre, évaluer, s’engager et créer dans une société numérique. Une réforme de l’enseignement des mathématiques est annoncée dans le canton de Vaud. Celle-ci intégrera la future discipline «Science informatique et projet numérique». Ces trois exemples illustrent bien la nécessité mise en exergue par le Congrès du SER: il faut une véritable réflexion commune au niveau romand à propos de la place du numérique à l’école et ce, rapidement. Le SER a d’ailleurs appelé à la mise sur pied d’États généraux sur cette question. Actuellement, la création de nouveaux moyens d’enseignement romands (math et français) constitue une occasion rêvée pour intégrer le volet numérique dans les méthodes, les didactiques et les activités des élèves. De même, la mutualisation des ressources cantonales existant dans le domaine des MITIC devrait être une priorité de la CIIP. Si les cantons font cavalier seul, malgré une stratégie commune, c’est l’équilibre du PER et donc le formidable effort d’harmonisation effectué ces dernières années qui sont mis en péril. Le PER est bon, mais il faut le renouveler et ne pas perdre de temps pour le faire. 

 

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