La formation est le pilier du bien-être suisse

Avec la réforme RIE III, la Confédération va perdre au minimum 1,3 milliard de recettes auxquelles il faudra ajouter 1,4 milliard de pertes pour les cantons et les communes. Ce sont ces derniers qui, en Suisse, financent l’école obligatoire et la plus grande partie de la formation secondaire II. Ces pertes provoqueront immanquablement des coupes dans le domaine de l’éducation qui a déjà subi plusieurs trains de mesures d’économies – surtout sur le dos des enseignants – ces dernières années.

Aujourd’hui, il n’est plus possible de s’attaquer aux enseignants et à leur statut, ces nouvelles mesures toucheront donc forcément d’autres secteurs de financement de l’école qui concernent directement les élèves et affaibliront la qualité de l’école: baisse des investissements dans les équipements ou leur renouvellement, hausse des effectifs, suppression d’offres d’appui et de soutien, diminution de l’encadrement ou transfert de celui-ci à du personnel non formé...

Ceci est d’autant plus pernicieux qu’il y a aujourd’hui de grands enjeux pour améliorer le système éducatif suisse, enjeux qui nécessitent des budgets conséquents: l’ancrage du numérique dans notre société, l’intégration des réfugiés, les développements des échanges linguistiques, la formation des enseignants, la prise en charge adéquate de chaque élève à besoin particulier... On est prêt à sacrifier la Suisse de demain pour favoriser les entreprises internationales qui peuvent profiter d’une main-d’oeuvre particulièrement bien qualifiée en Suisse. Or, le niveau de formation est au moins aussi important dans le choix du lieu d’implantation d’une entreprise que le niveau de sa fiscalité. Couper dans l’éducation aura des conséquences négatives pour de nombreuses années encore, aussi pour l’économie de notre pays. Il faut donc s’opposer à la réforme de l’imposition des entreprises III et voter non le 12 février.

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