La cheffe ne fait pas tout

Le 30 avril 2017, les Vaudois-es devront élire le Conseil d’État et le Grand Conseil du canton. Si la presse s’est intéressée au changement au sein du gouvernement, il est primordial de rappeler que le Grand Conseil, le parlement, a également sa responsabilité dans la politique scolaire.

Dans la vie des salles des maîtres de ce canton, il est plusieurs fois fait référence à la cheffe du département. Pourquoi a-t-elle fait ceci? Pourquoi n’a-t-elle pas fait cela? Dans les articles de la loi sur l’enseignement obligatoire (LEO), on retrouve les compétences et responsabilités des autorités. On constate que la cheffe du département, en tant que responsable de ce dernier, a certes un pouvoir considérable, mais pas absolu. Le Conseil d’État porte également sa part des responsabilités. On peut encore ajouter la couche des compétences attribuées à la Direction générale de l’enseignement obligatoire (DGEO). Cerise sur le gâteau, les compétences attribuées au directeur d’établissement sont une strate supplémentaire de ce mille-feuille. Pour finir, les communes ont également une place dans le fonctionnement de l’école vaudoise. Et les enseignant-e-s? On peut retrouver leurs missions et activités dans leur cahier des charges. Toutefois, dans cette organisation complexe, il ne faut pas oublier un acteur essentiel: le Grand Conseil. En effet, ce dernier adopte «(…) les lois et les décrets cantonaux, sous réserve des droits du peuple, adopte le budget de l’État et contrôle la gestion du Conseil d’État ainsi que de l’administration cantonale». De plus, selon la loi sur le Grand Conseil, ce dernier est l’autorité suprême du canton, sous réserve des droits du peuple (art.1, alinéa 1). C’est dans la Constitution vaudoise que l’on peut lire plus précisément ses compétences. Il adopte notamment les lois et les décrets, adopte sur proposition du Conseil d’État les budgets de fonctionnement et d’investissement ainsi que les crédits supplémentaires et prend acte de la planification financière à moyen terme. Hormis cet exercice de citoyenneté, ces éléments montrent que le Grand Conseil porte une lourde responsabilité dans l'évolution de l’école vaudoise. Les élections de ce printemps pour le pouvoir législatif ont donc toute leur importance. Élire ses autorités, c’est en premier lieu s’informer sur les actes de ces dernières. Le Conseil d’État a présenté dernièrement son bilan de législature. En ce qui concerne le Grand Conseil, il est plus compliqué de retrouver les actions des député-e-s ou des partis dans les tracts distribués ces dernières semaines. L’enjeu de l’élection au Conseil d’État est certes capital. Celle du parlement l’est également pour le bon fonctionnement de l’école vaudoise. La Société pédagogique vaudoise ne peut donc que vous inviter à vous renseigner et à élire les futur-e-s député-e-s. Sur www.spv-vd.ch vous trouverez les membres SPV candidat-e-s pour le Grand Conseil. La cheffe du département ne fait pas tout. Il y a bien évidemment, le département, les directeurs, les communes ou encore les enseignant-e-s. Mais la plus grande responsabilité appartient aux Vaudois-e-s: élire les autorités exécutives et législatives de ce canton.

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