L’État doit payer sa part!

Le 28 novembre, le Conseil d’État a présenté son plan d’action pour notre Caisse de prévoyance. Trois variantes sont mises en consultation jusqu’à la mi-mars. Premier constat: le compte n’y est pas… 

Point de la situation

L’augmentation de l’espérance de vie, la baisse annoncée des rendements et les obligations légales menacent à long terme la viabilité de notre Caisse de prévoyance. Comme nous le constatons partout, aussi bien dans le public que dans le privé, des mesures doivent être prises. Après les premières annonces en juin, le Conseil d’État a reçu durant l’été les délégations des associations de personnel. Ces quatre rencontres ont permis de poser nos questions, de faire valoir nos points de vue et d’argumenter nos revendications. Chacun a pu s’exprimer, mais aucune négociation n’a eu lieu. Le Conseil d’État a donc repris le dossier, a tenu compte de quelques-unes de nos demandes et a mis en consultation jusqu’au 15 mars trois variantes pour assainir les finances de notre Caisse.

Quelques chiffres

Selon les projections, si rien n’est entrepris maintenant, le taux de couverture de notre caisse pourrait chuter à 45% en 2052, alors que la législation fixe ce taux à 80% à cette échéance. Ainsi, sans financement supplémentaire, avec le passage à une primauté des cotisations, l’impact sur les rentes sera de l’ordre de 20% en moyenne, avec des pics à plus de 35% pour certaines classes d’âge. Selon la jurisprudence du Tribunal fédéral, des mesures transitoires et compensatoires doivent être proposées afin de limiter les baisses de rentes. Coût de ces mesures: 1,4 milliard de francs. 

Le compte n’y est pas

Le Conseil d’État par la présentation de trois variantes propose plusieurs scénarios. Avec un apport entre 400 et 600 millions de francs suivant l’étendue des mesures compensatoires à différentes classes d’âge, il est proposé de prendre en charge entre 29% et 42% de l’effort, le solde restant exclusivement à la charge des assurés. Faites le calcul de ce que l’État nous demande, simple provocation… Le personnel est en droit de revendiquer davantage et, après tous les efforts déjà consentis à travers les mesures d’économies, il se sent une nouvelle fois lâché par son employeur. 

Notre revendication est simple, l’État doit mettre sa part dans le refinancement de la Caisse. Son apport doit être maintenu au niveau de ses engagements actuels dans le versement des cotisations, c’est-à-dire 58,8%. Et faites une nouvelle fois le calcul… et constatez ce qu'il manque… 

2021 au lieu de 2020

Les nouvelles règles entreront en vigueur au premier janvier 2021, ce qui laisse du temps pour annoncer une retraite 
anticipée. Pour les enseignants, le délai de congé reste fixé au 31 janvier… 2020 au plus tard si vous voulez garder vos 
prestations actuelles. Allez sur le calculateur (www.fr.ch/prevoyance) pour vous rendre compte des différences.

La suite

M. Godel s’attend à «des discussions intenses» et souhaite trouver une solution «acceptable». Pour cela, il faudra d’abord ouvrir un espace de négociations, ce qui n’est pas prévu en l’état, et ce qui n’est pas digne d’un employeur qui se targue d’entretenir des relations constructives avec ses partenaires. 

La FEDE, ses associations membres ainsi que les autres associations de personnel doivent maintenant s’organiser pour contrer ce projet totalement déséquilibré. Des rencontres auront lieu prochainement et des annonces vous seront faites. La mobilisation de tous devra être à la hauteur du mécontentement actuel. 

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