Je voeux...

Criminel d’utiliser un titre pareil dans une profession rompue au réflexe du stylo rouge, à la correction normative et à l’attribution des notes. C’est que le buisson d’épines de l’orthographe peut cacher la forêt de l’école et de toutes les valeurs qui l’habitent (parfois) ou qui devraient l’habiter (sûrement). Je vœux..., à cette époque de bonnes intentions, résolutions et autres velléités d’améliorer la vie, que la profession se rende compte qu’engagements et volontés valent mieux que désespérance et que rage.

Si cette année 2014 pouvait être celle d’un réenchantement de l’école, pour les élèves et pour les enseignants. Et si, à l’instar de ce que propose le Livre blanc, «l’humanisme, le respect et l’attention à l’autre doivent plus que jamais prendre le contre-pied des valeurs ambiantes », les acteurs de l’école se préoccupaient davantage de la vie réelle avec ses petits bonheurs et ses petites victoires vers l’atteinte des grands objectifs de l’école et du PER que des procédures, injonctions, marottes et attentes de l’institution ou de ses rouages?

Et si cette année 2014 pouvait être celle d’un réinvestissement enthousiaste d’une profession anthropophage mais fascinante, par des gens sûrs de leurs compétences parce que conscients de leurs limites, et qui se mettent à préférer définitivement prendre leurs responsabilités, même imparfaitement, plutôt que de se blottir sous le parapluie des directives et des permissions?

Et si cette année 2014 pouvait être celle d’une déferlante de collaboration, de travail en équipe, de convivialité et d’apéritifs au bonheur d’avancer ensemble? Et si le nombre des chef-fe-s d’établissement efficaces et appréciés, parce que conscients de la valeur de leur corps enseignant et persuadés de la prééminence de l’action pédagogique sur la conformité aux attentes administratives pouvait croître et multiplier?

Et si cette année 2014 pouvait être celle du relever de tête face aux attentes irraisonnées des politiques, des parents et de la paperasserie, face à la dictature du politiquement correct ou de l’obsession de l’anglais, face au fatalisme et à la désespérance? Et si l’école pouvait être la flamme qui réanime une joie de vivre, d’apprendre, de grandir, de se construire et de vouloir se réaliser, dans un environnement et un pays qui va plus mal dans sa tête que dans la réalité?

Et si on disait «je vœux»? Très belle année 2014 à toutes et à tous

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