Et pendant ce temps dans les autres cantons…

En septembre dernier s’est tenue la conférence des présidents LCH*-SER. Il s’agit de la rencontre annuelle des responsables d’associations d’enseignants affiliées à l’une de ces deux organisations faîtières.

Cette réunion est une occasion de s’informer et de débattre des problématiques actuelles dans les différentes régions, de rencontrer des homologues venus de toute la Suisse et, accessoirement, de rafraîchir ses connaissances dans la langue de Goethe. Parmi les points qui figuraient à l’ordre du jour de la séance 2016, j’ai choisi de vous en présenter deux, qui occupent le devant de la scène durant cet automne.

Modification de la loi fédérale sur les langues nationales

Suite à la mise en consultation des trois variantes proposées par le Conseil fédéral, le SER et LCH ont pris position et transmis leurs réponses à qui de droit. Les deux organisations faîtières se sont prononcées pour la troisième variante, qui garantit l’enseignement d’une deuxième langue nationale dès l’école primaire et le rend obligatoire jusqu’à la fin du troisième cycle.

Durant la conférence des présidents LCH-SER, un tour de table a été proposé afin que les représentants des différents cantons puissent présenter l’état d’harmonisation de l’enseignement des langues dans leur région. Pour commencer, plusieurs présidents d’associations de Suisse allemande ont pris la parole et ont détaillé des situations fort diverses. Chaque canton a son propre système: ici, on apprend le français tardivement; là, son enseignement devient facultatif avant la fin de la scolarité obligatoire, etc. En outre, des menaces pèsent sur le concordat HarmoS et, par conséquent, sur l’enseignement du français: des initiatives populaires ont été déposées et les citoyens doivent se prononcer sur ce sujet.** Puis, la parole a été donnée aux représentants des cantons romands. La présentation de la situation a été nettement plus rapide: chez les Welches, tous les élèves apprennent l’allemand dès la 5H et l’anglais dès la 7H. Il y a certes quelques différences quant aux nombres de périodes hebdomadaires d’enseignement, mais l’harmonisation est bien implantée et le Plan d’études romand a été introduit partout. Cela laisse cois nos collègues alémaniques…

Soutien aux collègues neuchâtelois

Le projet de nouvelle grille salariale pour la fonction publique neuchâteloise indigne nos collègues. Derrière la légère augmentation du salaire initial se cache en réalité une nette diminution du salaire sur l’ensemble de la carrière d’un enseignant.***

Lors de la conférence des présidents LCH-SER, les représentants d’associations présents ont voté à l’unanimité une résolution visant à soutenir les enseignants neuchâtelois. Ces derniers, après avoir organisé quelques actions sans conséquence pour les familles (prolongation de la récréation, manifestation à 18h) et face à l’échec des discussions avec le Conseil d’État, ont entamé, le 27 septembre, une judicieuse grève administrative: ils n’inscrivent plus les notes dans le système informatique et ne répondent plus aux e-mails.**** 

Cette situation se prolongera jusqu’au 2 novembre prochain. Affaire à suivre…

 

* Dachverband Lehrerinnen und Lehrer Schweiz (le pendant du SER en Suisse allemande).

** Le 25 septembre 2016, la population de Saint-Gall a refusé de sortir du concordat scolaire HarmoS.

*** Le site du Syndicat autonome des enseignants neuchâtelois (www.saen.ch) présente très clairement cette problématique.

*** Par manque de place, je ne peux reproduire ici la réponse automatique fort pertinente proposée par le SAEN lors de la réception d’e-mails. Vous pouvez la lire dans l’article C’est la grève… administrative! publié sur leur site.

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