Du stress aussi chez les élèves!

Selon une étude publiée en mars 2017, le stress lié au travail scolaire semble être malheureusement plus répandu qu’il y a seize ans. Ce constat provient de la dernière enquête nationale auprès des écolières et écoliers réalisée par Addiction Suisse sur mandat de l’Office fédéral de la santé publique.

Préoccupant, c’est le mot qui peut venir à l’esprit après la lecture de l’enquête d’Addiction Suisse organisée en 2014. Succinctement, l’étude définit qu’une «personne ressent du stress psychologique lorsque, dans une situation dont l’enjeu est important à ses yeux (p. ex. un examen décisif), elle a le sentiment de n’avoir à disposition que peu ou insuffisamment de ressources d’adaptation (p. ex. en termes de temps ou de connaissances spécifiques) et que son bien-être est menacé». Elle indique également que selon l’âge et le sexe, entre 12% et 22% des jeunes âgé-e-s de 11 ans à 15 ans rapportent être «assez stressé-e-s» et entre 6% et 12% se disent «très stressé- e-s». Il est à noter que pour les élèves de 13 à 15 ans, environ un tiers des filles se sentaient stressées contre environ un quart des garçons. Afin d’expliquer une légère hausse depuis les années 1990, Addiction Suisse émet l’hypothèse qu’une des raisons pourrait être «un changement d’attitude des adolescent-e-s sur les questions scolaires, de sorte qu’aujourd’hui, par exemple, obtenir de bonnes performances scolaires serait considéré comme plus important qu’auparavant». Le métier d’élève semble donc être de plus en plus stressant. En 1994, P. Perrenoud précisait qu’«Idéalement, le métier d’élève l’invite à travailler pour apprendre. En réalité, on demande aussi aux enfants et adolescents de travailler pour être occupés, pour rendre des textes, des exercices, des problèmes vérifiables, pour être évalués, pour contribuer au bon fonctionnement didactique, pour rassurer leurs maîtres et leurs parents». Ces éléments supplémentaires s’ajoutent à la charge des élèves. Dès lors, que faire pour endiguer cette hausse de stress? La SPV est intervenue à plusieurs reprises afin d’en diminuer l’impact. Elle a notamment dénoncé une course aux notes. En effet, elle constate que le temps consacré aux évaluations, au détriment du temps dévolu à l’apprentissage, est trop important. Par exemple, il ressortait qu’un test en 7-8P avait lieu tous les 3,3 jours pour la fourchette basse et un tous les 1,8 jours pour la fourchette haute. De plus, le processus de l’orientation, perçue et vécue comme une sélection, est très certainement un facteur de stress pour les élèves vaudois-e-s. À cela s’ajoute la note des épreuves cantonales de référence (ECR) dont le poids semble être relativement faible dans la moyenne annuelle des notes. Malgré tout, la période des ECR reste très angoissante pour chaque acteur du monde scolaire. Enfin, les devoirs sont, eux aussi, une source de stress et de conflits à domicile. C’est pour cette raison que la SPV a milité pour maintenir l’interdiction de donner des devoirs pour le lendemain au primaire, et a accepté une levée de cette interdiction pour le secondaire, mais uniquement à titre exceptionnel.

Pour conclure, une réflexion commune devra avoir lieu afin de proposer des actions, à l’école et à la maison, pour réduire ce stress lié au travail scolaire qui, trop souvent, éteint le désir et le plaisir d’apprendre.

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