Du bon sens, bon sang!

Un récent dossier pédagogique de l’Educateur mentionnait qu’il est fréquent d’entendre que pour apprendre quelque chose, il fallait répéter, répéter et répéter encore. Or, pour apprendre, il faut d’abord comprendre avant de répéter. Ce billet répète les demandes SPV pour se faire comprendre et mieux entendre!

Ce billet ne s’appuie pas sur l’argumentation du président, mais sur les propos du terrain, sur le sentiment des collègues. Sur le ras-le-bol de cette oppression du contrôle. Une autre approche pour donner du sens aux précédents billets, avec un message sans détour et brut tel que les enseignant-e-s ressentent leur réalité. «L’association du personnel enseignant [de notre établissement] tient à vous faire part d’un sentiment actuel de pénibilité au travail. La cause identifiée de ce mal-être est le sentiment d’un contrôle tatillon de la part de la hiérarchie (DFJC, DGEO) ayant pour conséquence principale un manque de reconnaissance. Citons pour exemples différentes situations qui illustrent cette demande croissante de fournir des «preuves» à notre hiérarchie: les démarches importantes administratives à effectuer lors de l’organisation d’une sortie ou d’un camp pour justifier l’apport pédagogique, les justificatifs extrêmement détaillés à fournir pour toute opération financière (récolte d’argent pour un projet, frais professionnels...) afin de s’assurer que l’employé ne «vole» pas l’État ou la commune, les descriptifs pédagogiques à transmettre à la DGEO pour la validation d’un cours (OCOM) afin de s’assurer de l’adéquation avec les objectifs du PER,... Ces nouvelles contraintes professionnelles émanant de la hiérarchie ont pour effet des pénibilités ressenties au quotidien: – Le manque de confiance de la hiérarchie à l’égard de notre éthique et de nos compétences professionnelles; – Une surcharge de travail dont nous ne percevons pas le sens, ce qui accroît le sentiment d’illégitimité de ces contraintes; – Un désinvestissement des activités hors-cadre en raison du nombre de démarches administratives à effectuer; – Le manque de reconnaissance à l’égard de l’investissement important que nous mettons en oeuvre pour offrir une école de qualité; – Un sentiment de déshumanisation de notre profession en raison de l’application d’un management basé sur une logique d’efficacité et d’harmonisation industrielles. Persuadés que nous ne sommes pas les seuls à vivre cette pénibilité, nous avons souhaité vous la transmettre par écrit afin d’établir, sur ce point, un état des lieux de notre pratique professionnelle actuelle». On le redit encore et encore. À force de vouloir tout contrôler, on déshumanise la profession. À force, on pousse les professionnel- le-s de l’éducation à devenir simplement des agents de l’État qui appliquent les lois, les règles, les directives.

Quelle tristesse. Il faut donc agir vite pour que le bon sens reprenne le dessus. Vite, avant que les collègues ne se désinvestissent, ne quittent le métier, si ce n’est pas déjà fait. Ou encore avant que ne disparaissent petit à petit tous les aspects positifs de cette profession, en commençant par ce qui en est le coeur: la relation humaine. Oui, cette dimension, on ne peut ni la contrôler ni la circonscrire. Et c’est tant mieux.

L'accès aux documents est réservé aux abonnés.