Douter et être vigilant

Entre fin d’année et organisation de la prochaine, les semaines à venir sont toujours compliquées. Il en est de même pour la SPFF qui est sollicitée presque quotidiennement. Entre consultations et décisions surprenantes, la tâche est complexe. À nous de continuer à défendre notre profession, vos conditions.

Perseval et Enseval…

Comme je l’ai déjà annoncé dans le numéro de mars de l’Educateur, le service du personnel de l’État et le service des ressources de la Direction de l’instruction publique et du sport (DICS) ont mis simultanément en consultation les processus proposés pour l’évaluation du personnel fribourgeois, Perseval et Enseval. Tant la FEDE que vos associations professionnelles procèdent à une étude détaillée des projets proposés. L’importance de ces dossiers requiert de notre part une vive attention et une analyse responsable de l’ensemble des documents accompagnant les projets d’ordonnance. C’est que la thématique de l’évaluation du personnel est sensible et toute la procédure présentée doit être étudiée sous plusieurs angles, notamment du contenu, des objectifs visés ou de l’adéquation des supports avec la philosophie voulue. La SPFF ne conteste pas le fait qu’il faille évaluer le personnel. Cela peut même répondre à un besoin, besoin d’être rassuré, de partager ses satisfactions ou ses doutes et besoin d’un regard extérieur sur ses pratiques. Mais les premières discussions, et surtout l’analyse approfondie des documents, nous laissent un sentiment très mitigé et font surgir de nombreuses craintes. Allons-nous vers une course en avant de la performance? La critique constructive qui devrait guider l’évaluation ne pourrait-elle pas être détournée et devenir une recherche des manques et un outil de pression? Est-ce une garantie de l’amélioration de la qualité ou un instrument qui peut faire des dégâts? Avons-nous besoin d’une procédure aussi complexe? Les évaluateurs auront-ils le temps pour que le moment d’entretien soit constructif et un moment de partage? Toutes ces questions et bien d’autres guideront la prise de position de la SPFF qui n’acceptera pas un système qui remet en cause notre professionnalisme et dont la mise en oeuvre n’est pas réaliste.

Octroi des appuis

L’organisation de la prochaine rentrée bat son plein et nos responsables d’établissement sont au front. Les effectifs arrêtés le 15 mai permettent de savoir le nombre de classes à disposition et aussi de connaître d’autres attributions telles que celle des unités d’appui ou de soutien pour les élèves allophones. Passée presque inaperçue, la décision prise par la Direction d’attribuer les unités d’appui (classe ou individuel) selon le nombre d'élèves de l'établissement est une nouvelle source d’inquiétude. En effet, la SPFF privilégie l’octroi d’unités selon les besoins des élèves et répète continuellement que des quotas, sans autres critères, même si l'on promet une certaine flexibilité, ne remplissent pas cet objectif. Il semblerait que cette nouvelle répartition corrige des inégalités puisque des établissements auraient été sous-dotés et d’autres sur-dotés. On nous affirme aussi que le nombre global d’unités sur le canton n’a pas changé, alors que l’on aurait pu espérer une augmentation suivant la courbe de la progression démographique. Contactée par plusieurs enseignant- e-s, la SPFF constate que les attributions ont fortement diminué dans certains établissements, en particulier sur la ville de Fribourg, et que cette décision a été prise sans une réelle concertation avec les divers acteurs du terrain. Nous tentons de faire le point en obtenant les chiffres de ces unités dans les différentes écoles et encore une fois, nous agirons dans le sens d’une répartition responsable des soutiens mis à disposition tenant compte des besoins de nos élèves et de nos classes, en toute transparence.

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