Deux rencontres… de nombreuses questions sans réponse

M. Siggen a reçu deux délégations de la SPFF en l’espace de deux jours. Le 17 septembre, ce sont les groupements des enseignants spécialisés et des MCD/I qui ont été entendus; le 18 septembre, en compagnie de nos collègues alémaniques, la directive sur les taux d’activité a été rediscutée. Bilan: il reste encore beaucoup à faire…

Une question de diplômes

La problématique des diplômes alimente depuis plusieurs années les discussions dans les comités des enseignants spécialisés et des MCD/I. Dans les faits, le statut des personnes dont la formation remonte avant 2008, soit avant la possibilité d’obtenir un master, pose problème. D’une part, il n’est pas possible d’obtenir de la part de l’Université une reconnaissance au niveau master, car il est difficile de quantifier la formation pédagogique. D’autre part, il n’est pas possible d’entreprendre une formation complémentaire à l’Université, car celle-ci n’offre aucun cours permettant d’atteindre le nombre de crédits souhaités. Même si actuellement les titres décernés à l’époque restent valables, reconnus et ne prétéritent en rien leur détenteur, il y a lieu de rester attentif et de garantir une égalité des chances sur le marché du travail et surtout une équivalence salariale pour tous. Comme dans toutes les fonctions dans l’enseignement (au primaire comme au secondaire), l’égalité de traitement est actuellement garantie. Mais va-t-il en être toujours de même?

Des rumeurs peuvent laisser croire le contraire et semer le doute dans nos esprits. L’autonomie de l’Université ne permet pas à la Direction de l’instruction publique, de la culture et du sport (DICS) d’intervenir directement. Aussi, nous nous retournerons vers l’IPC (Institut de pédagogie curative) pour lui demander de revoir son point de vue, sous l’angle de la reconnaissance de certaines licences et de l’opportunité offerte aux collègues de poursuivre une formation vers le master. Nous constituerons aussi une liste exhaustive des différents diplômes «en circulation» pour la remettre à la DICS. Enfin, la SPFF a insisté et obtenu une modification de la CCT signée avec les institutions, afin d’assurer sur le long terme une classe salariale identique pour tous les enseignants spécialisés, quelle que soit leur formation.  

Taux… ou tard, il faudra trouver une solution

L’optimisme était de mise après le dépôt du rapport du groupe de travail qui était chargé de la mise en œuvre de la fameuse directive sur les taux d’activité. Mais il a fallu vite déchanter ce printemps après le refus des demandes de plusieurs collègues. Des échanges de courriers avec M. Siggen ont cependant permis de fixer un énième entretien sur ce sujet. Se référent aux articles de la loi actuelle et de son règlement d’application, le conseiller d’Etat a rappelé que «c’est la Direction qui est compétente pour autoriser l’enseignement par deux maîtres dans une classe et que la directive ne fait qu’appliquer des décisions politiques. Nous ne sommes pas en phase de négociation, la ligne est donnée et la DICS a pris une position claire sur ce sujet et il faut se conformer aux options décidées». Il s’agissait pour nous de clarifier les exceptions et d’en finir avec les dérogations possibles si cela arrange l’employeur (décharge RE*, formateurs praticiens).

Sur ce point, nous avons été entendus et des corrections devraient être apportées avec des exigences égales pour tous. Quant aux exceptions, impossible d’en établir une liste exhaustive sans en oublier. Nous avons insisté sur le fait que quand une organisation interne à l’établissement était possible et répondait aux exigences de qualité de l’enseignement, nous ne comprenions pas pourquoi la DICS refusait d’entrer en matière. Il nous a donc été rappelé que, devant la diversité des demandes et des raisons évoquées, et dans un esprit de traitement équitable, une commission formée des chefs de services francophones et alémaniques et des responsables du service des ressources a analysé minutieusement tous les dossiers. Sur les vingt-quatre demandes passées en revue plusieurs fois, dix-huit ont trouvé un écho positif. Ce système sera reconduit. Reste maintenant à savoir si ces aménagements de taux seront toujours accordés l’année prochaine.

A l’avenir, l’entrée en vigueur de la nouvelle loi scolaire devrait donner plus d’autonomie aux établissements et la situation pourrait se débloquer suite aux discussions menées par nos inspecteurs. * Responsable d’établissement

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