Des Assises branchées

À l’heure où bien des jeunes passent plus de temps devant leurs écrans que devant leurs enseignants, à l’heure où le numérique représente pour beaucoup la deuxième activité en temps après le sommeil, cet enjeu de société pose des problèmes et des questions aux systèmes de formation et à leurs acteurs. C’est dire s’il remet en cause notre profession et son évolution. Sous le titre «À l’école des élèves connectés », les Assises 2016, organisées par le SER avec le soutien de la CIIP et la participation de la CLASESO et de la FAPERT ,engagent l’école et ses enseignants, le politique et les parents à refuser d’ignorer ou de nier le phénomène, à se remettre en cause et à tenter de répondre à quelques-unes des milliers de questions qu’on peut légitimement se poser. Comment fonctionne l’enfant ou le jeune de l’«èrecybériste», quelles compétences doit-il développer et quel système éducatif faut-il construire pour lui? C’est une interrogation éminemment politique et de société à laquelle nous devons tous contribuer à répondre. C’est à quoi vont s’employer ces Assises romandes de l’éducation, avec l’apport des intervenants de cette journée, au premier rang desquels Divina Frau-Meigs, qui nous apportera ses analyses de sociologue et son regard de grand témoin de cette édition 2016. Pour elle, les médias ne sont plus une variable indépendante, ils sont devenus une «clé de voûte de notre compréhension du monde». Elle va nous inciter à travailler à un «développement numérique durable», avec l’ambition de «civiliser le numérique, pour apprendre autrement et savoir devenir». Des représentants du Grand-Duché du Luxembourg seront présents aussi ce 24 septembre pour faire part de la volonté de leur programme politique Digital Lëtzebuerg de toucher toute la population et de ne laisser personne hors de la société de l’information. De la taille d’un grand canton suisse, le Luxembourg partage de nombreuses caractéristiques avec notre pays. État plurilingue, la société de l’information est pour lui une réalité très concrète et très avancée. Il se veut un réel centre d’excellence high-tech. Il sera aussi question de la formation des enseignants, des problèmes d’addiction aux écrans, de l’apport de l’économie privée et de la nouvelle politique numérique de notre pays. Le 20 avril dernier en effet, le Conseil fédéral a décidé d’adopter une nouvelle Stratégie, appelée «Suisse numérique», qui devrait viser «à saisir les opportunités de la numérisation de manière conséquente, afin de permettre à la Suisse de s’affirmer comme un espace de vie attractif et un pôle économique et scientifique innovant tourné vers l’avenir». Passée quasiment inaperçue, cette décision va-t-elle contribuer à résoudre les problèmes et le désarroi qui habitent l’école des élèves connectés? Participez aux Assises romandes de l’éducation 2016, le 24 septembre. Inscrivez-vous aujourd’hui sur le site www.assises-education.ch

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