De la bonne foi des collaborateur·trices du DIP

Depuis que j’ai commencé à travailler au Département de l’instruction publique, en tant qu’enseignante, je n’ai pu que constater la grande implication dont fait preuve l’immense majorité de mes collègues. Depuis le début de mon mandat de présidente de la société pédagogique genevoise, j’ai perçu la même implication de la part des collaborateur·trices du DIP et de la DGEO. Ainsi, contrairement peut-être à toute attente, à tous les niveaux, il s’avère que chacun·e s’implique avec dévouement pour une école de qualité. 

Les enseignant·es dénoncent depuis des années un déficit de moyens. Un lourd constat a même été effectué l’année dernière par la SPG: l’école explose! Alors, où se situe le problème? Face à la violence croissante de certain·es élèves, notamment dans les petits degrés, les enseignant·es se sentent parfois démuni ·es, souvent délaissé·es lors de certaines situations complexes, voire ingérables. Pourtant, le DIP estime répondre à toutes les situations qui lui sont relayées, notamment à travers ses différents acteur ·trices de l’opérationnel, la DGEO et les directions d’établissement. À entendre la conseillère d’État lors de sa conférence de presse de rentrée, l’école va bien, mais ce constat ne rejoint pas celui des enseignant·es épuisé·es qui tirent la sonnette d’alarme depuis quelques années déjà. Si certaines personnes du Service du suivi de l’élève ont pu être blessées par mon précédent billet, il est peut-être important de relever que ce dernier ne visait pas ses collaborateur·trices qui, à leur niveau, font de leur mieux pour répondre aux demandes qui leur sont adressées. Néanmoins, la SPG se doit de constater les dysfonctionnements du système et de les signaler. Or un système qui dépossède les enseignant·es de leur jugement professionnel, les réduit au silence, ne peut fonctionner sur le long terme. De plus, si la DGEO et le DIP se contentent d’une école qui fonctionne, la SPG rêve d’une école vraiment inclusive. 

Les enseignant·es relèvent depuis longtemps maintenant certains dysfonctionnements systémiques, mais peinent à se faire entendre. Leurs di¸cultés sont minimisées, les moyens octroyés pour les soutenir ou soutenir certain·es élèves sont insu¸sants, voire inadaptés, leurs charges ne cessent d’augmenter. Le DIP et la DGEO assurent qu’ils répondent à toutes les demandes et qu’il faut remonter les cas qu’ils aiment à considérer comme particuliers. Toutefois, la SPG estime qu’il est temps aujourd’hui de remettre en question le système dans son ensemble. Si la SPG est confiante quant à l’investissement des collaborateurs et collaboratrices du DIP et de la DGEO, peut-être qu’il serait temps que le DIP et la DGEO fassent de même et commencent enfin à se fier au jugement professionnel des enseignant·es. En eet, si le département et la DGEO pouvaient enfin renoncer à ce besoin de «contrôlite» aigüe qui ne semble avoir aucune limite, les enseignant ·es pourraient dégager du temps pour la préparation de leurs séquences, leurs évaluations, la collaboration avec les pair·es, bref, ce qui, en soit, fait le coeur du métier. 

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